Liberia le depart définitif de la mission des Nations-Unies en 2018 préoccupe la CEDEAO

Les préoccupations liées au départ, en mars 2018, de la Mission des Nations unies au Libéria (MINUL) ont fait l’objet de discussions, le mercredi 26 avril 2017, à Abuja, entre le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et le Sous-secrétaire général des Nations unies et représentant spécial du Secrétaire général et coordinateur des Opérations des Nations unies au Libéria, Farid Zarif.  

Ce départ se concrétise déjà avec la réduction drastique des composantes civile, militaire et de la police des Nations unies sur le terrain.

Selon un communiqué parvenu à www.lactuacho.com, Marcel de Souza et Farid Zarif ont échangé sur les dispositions idoines à prendre en vue d’assurer la paix, la stabilité et la sécurité au Libéria après le retrait définitif des Nations unies, surtout que le pays organisera sa prochaine élection présidentielle le 10 octobre 2017.

Pour le président de la Commission de la Cedeao, les élections en Afrique représentent généralement une période à risques ou de troubles. Pour ce faire, il a plaidé pour la mise en œuvre, par l’organisation régionale, d’actions civiles et militaires au Libéria, avec le soutien des Nations unies.

Il s’agit, a-t-il indiqué, du soutien à la Commission électorale du Libéria, du déploiement d’une Mission de longue durée de la Cedeao pour travailler avec cette Commission sur les listes électorales, de la visite conjointe Cedeao, Union africaine et Nations unies, ainsi que de l’envoi de soldats au Libéria.

L’équation malienne

S’agissant de l’envoi de soldats sur le terrain, Marcel de Souza n’a pas adhéré à la proposition des Nations unies de déployer au Libéria les soldats sénégalais actuellement positionnés au Mali.

« Les 2/3 du territoire malien échappent présentement au contrôle du gouvernement. Les djihadistes en provenance de la Libye, de l’Irak, de la Syrie et du Soudan sèment la terreur et commettent des atrocités au Mali et dans les autres Etats membres de la Cedeao. Pour toutes ces raisons, il n’est donc pas judicieux de retirer les soldats sénégalais du Mali pour les envoyer au Libéria », a déclaré Marcel de Souza.

En Afrique de l’Ouest, nous n’avons pas besoin d’une Force de maintien de la paix, mais de celle d’imposition de la paix ; car il faut d’abord créer la paix avant de la maintenir, a laissé entendre M. de Souza, indiquant au passage qu’avec une Force de 5 000 hommes, la Cedeao pourrait venir à bout des terroristes qui pillent et tuent des innocents dans l’espace communautaire. « Nous avons besoin d’une nouvelle stratégie et d’équipements pour mieux combattre les terroristes », a-t-il conclu.

Marcel de Souza et Farid Zarif ont également discuté du transfert à la Cedeao de la station de radio de la Mission des Nations Unies au Libéria émettant de Monrovia.

Selon toujours le communiqué, Marcel de Souza a notifié à son hôte l’accord de principe de la Cedeao pour prendre possession de cette station et étendre ses émissions et programmes aux autres Etats. M. de Souza a demandé à son représentant résident au Libéria, l’ambassadeur Babatunde Ajisomo, et à la Commissaire chargée des Affaires politiques, de la Paix et de la Sécurité de la Commission de la Cedeao, Mme Halima Ahmed, de poursuivre les discussions avec Farid Zarif sur le transfert des responsabilités des Nations unies à l’organisation régionale.

Momar Diack SECK
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