Le tour d’Afrique en moto et en solitaire Un jeune Italien fait 40 000 km et capitalise une magnifique expérience humaine

Ce jeune sportif de 28 ans doit encore parcourir 15 000 km avant d’arriver en Afrique du Sud. Et Manuel Zanotto n’est pas au bout de son périple.

Parti de Vicenza en Italie, après avoir traversé la France, l’Espagne, le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali et la Côte d’Ivoire, ce jeune sportif de 28 ans doit encore parcourir 15 000 km avant d’arriver en Afrique du Sud. De là, il préparera son voyage retour. Toujours en solitaire, sans aucune assistance technique, médicale ou financière.

Pour parler de son aventure et de ses motivations, Manuel Zanotto donnera une conférence-débat ce vendredi 31 mars à 20 h à la Fabrique culturelle d’Abidjan.

L’Afrique comme une évidence

C’est à Madagascar que Manuel s’est épris de l’Afrique, au cours d’un premier voyage humanitaire à Madagascar. Depuis, il a voulu découvrir plus en profondeur ce continent et ses cultures. La moto s’est imposée à lui comme le moyen le plus adapté pour y parvenir en raison de praticité.

Contrairement à d’autres aventuriers qui traversent les continents à moto, Manuel a décidé de partir seul, sans être accompagné d’un autre motard, sans assistance médicale ou technique. Nous sommes loin des voyages en moto d’Ewan McGregor et de Charley Boorman dans “Long Way Down”, une aventure qui les a menés d’Ecosse en Afrique du Sud à moto mais avec le soutien d’une dizaine de sponsors et une assistance technique de première classe (mécaniciens, voitures 4×4…).

Le partage est au cœur de la démarche de ce jeune diplômé en éducation physique qui essaie de faire partager sa passion du sport dans tous les villages qu’il traverse. Il organise ainsi des activités sportives pour les enfants, des séances d’initiation, etc. C’est cette idée du partage qui l’a conduit à choisir le titre de la page Facebook qui raconte son voyage : Moto4Smile ou « la moto pour le sourire ».

Des moyens limités

Mais les moyens dont dispose Manuel sont limités. Avec un petit peu de matériel, il pourrait élargir ces activités. En proposant des initiations à certains sports ou en organisant des petites compétitions, par exemple, il pourrait démultiplier l’impact de son action.

Pour financer son voyage, Manuel a travaillé pendant un an comme coach sportif pour une salle de gym de sa ville natale. Avec ces économies, il a pu s’offrir la Honda Transalp 600 de 1998 qui l’accompagne depuis 11 000 kilomètres et avec laquelle il a déjà traversé 8 pays.

Il s’est arrêté à Abidjan depuis quelques mois pour reconstituer ses finances et retaper sa moto avant de parcourir les 15 000 kilomètres à parcourir et les 10 pays à traverser avant d’atteindre Le Cap.

La plupart de ses économies de départ avaient été investies dans la moto, mais également dans tout le matériel nécessaire au voyage : pièces de rechange, vêtements pour toutes les conditions météorologiques, protections, l’essence, l’eau etc. Comme il voulait partir au plus vite, il a choisi de trouver du travail durant son voyage, comme il le fait actuellement à Abidjan. Pour lui le sponsoring n’était pas envisageable à son départ. Notamment parce qu’il n’avait pas encore d’expérience donc pas de crédibilité. Maintenant qu’il a réalisé la première partie de son aventure, la question se pose de plus en plus.

Quelle suite pour ce voyage ?

Il reste encore une longue route à parcourir à Manuel. Son premier voyage est prévu pour s’arrêter au Cap qu’il veut atteindre d’ici juillet. Là-bas il compte vivre pendant 8 ou 9 mois tout en continuant à travailler dans le domaine du sport.

Par la suite, il voit plus loin. Il envisage de remonter toute la côte est africaine. L’idée est actuellement à l’état de projet. Mais s’il arrive à réunir les conditions nécessaires pour réaliser le voyage en partageant sa passion, il reprendra la route.

Source Apo

Pape Ismaïla CAMARA
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