LE SENEGAL AU RENDEZ-VOUS DE LA DEMOCRATIE : Aux grands moments de l’histoire, de grands événements

« Regard sur… Un grand pays, une grande démocratie » était le titre de l’édito du doyen Bara DIOUF dans Le Soleil du mercredi 08 avril 2009, après les élections locales du 22 mars de la même année.
A travers sa plume, doyen Bara voulait montrer aux Sénégalais que les grands moments de l’histoire d’un peuple sont toujours marqués par de grands événements.
Témoin de l’évolution politique de notre cher pays de Senghor à Macky Sall, le républicain Bara disait : « de grands événements qui ébranlent les incrédules, déstabilisent les citoyens faiblement ancrés dans l’idée de nation et de concitoyenneté, poussent ceux qui n’ont qu’une faible lecture de l’idée de démocratie qui est mouvement et celle de nation qui est éternité à se vêtir hâtivement de l’illusion d’une victoire et croire, désormais, que c’est la fin du monde et que le monde qui arrive est le leur. La nation se conjugue dans la durée. Elle repose sur des vertus cardinales dont la moindre n’est plus cet admirable mouvement de va et vient qui s’inscrit dans la durée, se lit comme une symphonie musicale au travers les lignes d’une portée fine et belle, toujours émouvante, toujours bruissante de mélodies dont le souffle et le support puissant s’appelle Patrie et Démocratie. Souvenez-vous de ce symbole historique toujours vivant de patriotisme et de Démocratie qu’a été et que demeure toujours Winston Churchill. Alors que l’Angleterre, seule sur son île était l’unique nation debout face à une Allemagne nazie triomphante, ce citoyen de la vieille Angleterre que n’avait ébranlé, en 1940, ni les défaites, ni les vicissitudes du moment, disait à son peuple souffrant pour appuyer et soutenir sa résistance : « Je ne vous demande que vos sueurs, que vos larmes et que votre sang » ! Quelle foi en la nation, en la Démocratie. Un moment n’est donc pas l’histoire, encore moins la fin de l’histoire, mais il ne peut être exclu de l’histoire en ce sens qu’il contient le message d’un peuple. Ceux qui, en ce 22 mars 2009, ont été ébranlés par leurs défaites à Dakar, à Saint-Louis, à Thiès, à Diourbel et à Kaolack ont le devoir de relire l’histoire et de s’en inspirer. »
Dix ans après, le même cas de figure s’est reproduit. Au soir du 24 février 2019, certaines localités d’un poids électoral important, sont tombées sous l’escarcelle de l’opposition, mais sans véritablement empêcher la victoire éclatante du président sortant dès le 1er tour.
Cette élection a encore confirmé à la face du monde que notre pays occupe une place de choix dans le carré restreint des grandes démocraties.
Pour preuve, les observateurs internationaux et nationaux ont, à l’unanimité magnifié le bon déroulement de ces joutes électorales qui n’ont souffert d’aucun dysfonctionnement. Cette maturité conquise de longues luttes et qui constitue une fierté en Afrique ne saurait s’éroder pour laisser place à une abdication du peuple qui au contraire cherche à perpétuer et à renforcer cet acquis.
Modèle accompli et achevé de citoyenneté et de civisme, le peuple sénégalais s’est dressé en une véritable sentinelle pour contribuer, dans une large mesure, au succès de ces opérations électorales. L’administration, à pied d’œuvre, à son tour, s’est vue encore créditée d’un surcroit de professionnalisme pour une parfaite organisation de ce processus.
En réalité, pour paraphraser le doyen DIOUF, les grands évènements restent une jauge pour mesurer l’encrage démocratique d’un pays.
Depuis l’alternance historique, survenue en 2000, résultante d’un combat effréné, le Sénégal s’est résolument engagé dans une voie inéluctable de consolidation de sa démocratie. Les élections récentes en sont un bel exemple, tant elles ont conforté la perception que le monde nourrit à l’égard de ce pays qui s’est hissé au rang des démocraties les plus affirmées.
Vouloir, remettre en question cette postérité distinctive en Afrique n’est symptomatique de la simple astuce politicienne.
Malheureusement certains hommes politiques n’ont pas encore compris ou font semblant de ne rien comprendre.
Ces derniers qui se croient désormais les maîtres du temple, se lancent dans la manipulation et la diversion des Sénégalais avec un soit disant 3ème mandat du Président Macky Sall ou un gouvernement parallèle. Un faux débat. Oui ! Un faux débat. Nous avons tout compris. Mais vous êtes en train de vous fourvoyer dans l’illusion et les mirages.
Vous avez joué une partie et vous l’avez gagnée, en ce sens que prendre Ziguinchor, Diourbel et Thiès, face à un pouvoir en place depuis sept ans, est déjà une victoire. Mais elle n’est pas la fin de l’histoire. Pour reprendre le doyen Bara, je dirais : « cette victoire est la confirmation de la solidarité des fibres morales qui fondent un grand peuple, des pratiques et vertus politiques qui articulent la marche d’un grand pays ; elle est surtout la religion autour de laquelle s’articule et vibre, pour l’éternité, une grande nation. »
C’est le sens qu’il faut donner au discours du Président Macky Sall lors de sa conférence de presse du 05 mars 2019 après la proclamation officielle des résultats. Je le cite : « à mes yeux, il n’y a eu ni vainqueur, ni vaincu. A présent que la campagne électorale est définitivement terminée, je considère qu’il n’y a plus d’électeurs ou de camps marqués par des couleurs ou démarqués par des lignes partisanes. Je vois un seul camp, celui du Sénégal ».
Le Chef de l’Etat a lancé un appel aux partis et coalitions de partis qui ont eu le mérite de secouer le baobab. C’est l’idée maîtresse du citoyen Macky Sall, disant à ses concitoyens, «je serai, le président de toutes les Sénégalaises et de tous les Sénégalais, parce que c’est la charge qui m’incombe en vertu de la Constitution. Comme toujours, je resterai dans le temps de l’action. Car pour toujours, je demeure convaincu que seul le travail produit des résultats. Seul le travail nous fera avancer, surtout que la tâche est grandiose, passionnante et ardue. Elle nous engage toutes et tous, nul ne peut y arriver tout seul. C’est ensemble que nous réussirons. Nous pourrons labourer le champ de tous les possibles, conquérir de nouveaux horizons, consolider nos acquis et relever les défis devant nous.»
C’est dire que dans cette épreuve du 24 février 2019, le seul vainqueur, c’est la Démocratie sénégalaise.
J’interpellerai encore Bara Diouf pour dire que « c’est l’élan, toujours plus fort, des citoyens vers l’union autour des grands idéaux de liberté, d’égalité et de quête toujours renouvelée de progrès scientifique et technique pour un Sénégal toujours plus grand, toujours plus beau, toujours plus développé au sein d’une Afrique qui est acculée à l’unité, malgré les obstacles et les freins que sont les ethnocentrismes, les conflits de religion et les intolérances qui sont la marque singulière d’un déficit de démocratie. »
Vive la démocratie !
Vive la République !
Vive le Sénégal !

Par Talibouye AIDARA
Communicant/Journaliste
Responsable APR Commune Kataba1
Email : aidara.or.t@gmail.com

Saër DIAL

Rédacteur

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