Le nihilisme systématique et l’anarchodémocratie Ces deux maladies infantiles de la démocratie, selon El Hadj Hamidou Kassé

(Ndrl Réflexion postée sur sa page Facebook) Il existe deux maladies infantiles de la démocratie: le nihilisme systématique et l’anarchodémocratie. Prenons garde que ces maladies ne génèrent le pire: l’extrémisme réactionnaire aux relents fascistes. Pourquoi?
Le nihilisme est le déni du réel, la négation systématique de ce qui existe et le rejet aveugle de tout autre argument que celui du nihiliste lui-même. Le nihiliste considère que seul importe ce qu’il veut et l’avis qu’il porte. En démocratie, le nihiliste est celui qui estime que les faits ne comptent pas: il n’y a que son opinion qui varie, par ailleurs, en fonction de ses intérêts.

Le Sénégal a une excellente image dans le monde. Le nihiliste dira abruptement le contraire sans argument parce que ses intérêts immédiats l’installent dans le déni systématique. L’intérêt du pays lui importe peu. Le Sénégal a joué une partition exemplaire, saluée par le monde entier, dans le dénouement pacifique de la crise gambienne. Pour un homme lucide, cette victoire diplomatique est d’importance majeure du fait de la relation singulière entre le Sénégal et la Gambie. Le nihiliste dira simplement que rien de significatif ne s’est passé.
L’anarchodémocratie pose que la démocratie est l’absence de limite dans l’opinion et le comportement.

L’anarchodémocrate pose ainsi qu’il n’y a pas de tabou: on a la liberté de faire et de dire en fonction de nos désirs. Diffamer, insulter, mentir, médire, dénigrer…seraient dans l’ordre normal de la vie démocratique. Violer la loi et semer le désordre deviennent, pour l’anarchodémocrate, des droits imprescriptibles.

L’anarchodémocrate répand ainsi un individualisme exacerbé.
Le nihilisme et l’anarchodémocratie sapent les fondements du vivre-ensemble, postulent l’impunité, cristallisent les conflits et créent les bases de la violence.
Si nous voulons une démocratie qui obéit à sa visée de neutralisation de la violence et de construction d’une culture de la différence dans le respect et la convivialité, nous devons combattre le nihilisme et l’anarchodémocratie quel que soit l’espace (opposition ou pouvoir) d’où ils se manifestent.

En effet, l’un et l’autre créent le lit de toutes les dérives.

El Hamidou Kassé

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