Le lycée de Karantaba : Zoom sur un établissement  » fantôme »

Karantaba, terre des érudits mandingues du Pakao. Ce haut lieu de l’Islam, resté pendant longtemps dans l’anonymat, est aujourd’hui en plein essor grâce à son Gamou annuel qui draine des foules, venant des autres régions  du Sénégal et mêmes des pays voisins.

Situé à environ 12 km de la ville de Sédhiou, Karantaba est difficile d’accès. Pour s’y rendre, il faut d’abord traverser le fleuve Casamance à pirogue, à hauteur de Sandiniery.

Une fois à Sandiniery, une moto Jakarta est là pour vous y conduire. Rarement les voitures y vont. Elles préfèrent plutôt rouler vers Tanaf où elles gagnent plus.

Malgré son enclavement,  les autorités étatiques  ont compris qu’il est important de doter  Karantaba , une commune aux allures d’une  » cité religieuse »,  de lycée.

C’est ce lycée qui polarise, depuis sa création, il y’a trois ans, les CEM des localités comme Diareya, Sandiniery  entre autres.

Mais le problème est que cette école  n’existe que de nom. Les salles de classes tardent encore à sortir de terre.

Les années précédentes, avec l’aide des populations et la mobilisation des élèves  et du corps enseignant, on construisait les abris provisoires  pour permettre ainsi à l’établissement de fonctionner.

Aujourd’hui, en ce moment même, les abris ne sont pas encore dressés. Le site occupé par du bétail, n’abrite que trois salles, les trois premières, financées par le conseil départemental de Goudomp  qui sont toujours en finition.

En attendant que les huttes soient installées, l’administration du lycée et le corps enseignant se démènent comme ils peuvent pour assurer les enseignements.

Ainsi, certains professeurs, pour ne pas perdre du temps, ont entrepris de faire cours à l’air libre (voir la photo) avant qu’un puissant marabout du coin ne leur prêtent un grand bâtiment.

le sacrifices des professeur du lycée de karantaba, 2

Au regard de l’étroitesse des chambres de ce bâtiment, seules les classes dont l’effectif  est moins nombreux y font cours. Pour le reste, les professeurs sont obligés d’attendre l’après-midi, vers 15 heures pour occuper le CEM de Karanbata qui fonctionne de 08 heures à 14 heures (en système journée continue). Rappelons qu’avant d’avoir le niveau de terminal (année dernière ), le lycée était  jumelé à ce CEM.

On nous signale que les abris provisoires qui auraient dû être construits, il y a longtemps, seront prêts au retour des fêtes de Noël. Les poutrelles qu’on attendait pour les dresser,  sont maintenant acquises.

Il faut vraiment que les autorités académiques, au plus haut niveau, se penchent sur le cas de ce lycée qui manque de tout.

Jean Nzalé

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