Kolda/Trafic de bois Les « ennemis de la nature » semblent défier l’Etat

La guerre sans merci déclenchée par l’Etat du Sénégal contre les trafiquants de bois, dans la région de Kolda, est loin d’être gagnée. Malgré les campagnes de sensibilisation, la mise en place des brigades de surveillance le long de la frontière avec la Gambie et les lourdes peines infligées aux trafiquants pour freiner le trafic illicite de bois, les « ennemis » de la nature continuent de défier les autorités étatiques. Les audiences de jeudi dernier au tribunal d’instance de Kolda en sont une parfaite illustration.

Sur les 24 affaires inscrites au rôle, 20 ont porté sur la coupe et le transport illicite de bois. 46 détenus sur les 52 ont été jugés pour le délit de la coupe et le transport illicite de bois. La majorité des trafiquants de bois ont été condamnés à un an d’emprisonnement ferme. Leurs biens ont été également confisqués par la justice.

La question qui est sur toutes les lèvres des populations de la capitale du Fouladou est de savoir pourquoi les activités d’exploitation illégale de bois restent toujours une équation pour les autorités étatiques. Selon certains citoyens interrogés, la réponse est simple : c’est parce que Kolda est l’une des régions les plus pauvres du pays.

Et pourtant, l’Etat a promis la création de 10 à 15 éco-villages dans le département de Médina Yoro Foula, victime de la coupe abusive de bois, pour permettre aux populations de s’adonner à des activités génératrices de revenus.

Mais aussi, la création de domaines agricoles communautaires et de réserves communautaires pour restaurer les forêts. Il s’y ajoute les 204 520 000 000 de nos francs prévus pour sortir la région de Kolda de son marasme économique. Mais jusqu’ici, les promesses restent en l’état. Ce qui explique que la majorité des Koldois, surtout les jeunes, s’adonnent à la coupe illicite de bois devenue une activité très lucrative.

Pour enrayer ce fléau dans la capitale du Fouladou, d’aucuns invitent les autorités à alourdir les peines et éviter de transiger. Mais aussi d’aller vite vers la réalisation des promesses issues du conseil des ministres décentralisé : la création des domaines agricoles communautaires et des éco-villages…

Source enquêteplus.com

Momar Diack SECK
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