Khadim Bamba Diagne, directeur scientifique LAREM : « Chaque année, plus de 60 milliards de dollar quittent le continent africain pour les pays développés »

Dans le cadre de sa série de débats, la Fondation Friedrich Ebert, a organisé une matinée d’échanges et de réflexion sous le thème : « Lutte contre les flux financiers illicites : situation actuelle et perspectives ».Le conférencier M. Khadim Bamba Diagne, directeur scientifique du laboratoire de recherches économiques et monétaires (LAREM), révèle que chaque année, plus de 60 milliards de dollar quittent l’Afrique pour les pays développés.

« Chaque année, on a constaté que plus de 60 milliards de dollar quittent le continent africain pour les pays développés. Alors cette somme, ce fonds est supérieur même à l’aide publique au développement la réflexion, c’était comment faire pour diminuer la quantité d’argent qui quitte le continent africain pour aller dans les autres continents, ce qu’on appelle les flux financiers, maintenant le problème que nous avons avec les flux financiers, c’est qu’on n’a pas encore une définition exacte des flux financiers. On sait ça s’intéresse à la corruption, à l’évasion fiscale, à la soustraction fiscale », a souligné M. Khadim Bamba Diagne, directeur scientifique du LAREM.

Il estime qu’aujourd’hui les pays africains malheureusement n’ont pas assez de moyens, de mécanisme pour se protéger de ces fuites de capitaux. Et tout le monde a vu que, surtout les pays qui exploitent plus de ressources naturelles, ce sont ces pays qui sont plus victimes de ces flux financiers illicites.

« Si les pays les plus développés qui ont la puissance financière, de moyens, ne peuvent pas contrôler ces flux financiers-là, ce ne sont pas les pays africains qui vont le faire », martèle le conférencier.

Et M. Diagne de préciser : « On peut quand même protéger l’économie de nos pays en essayant de pousser nos entreprises à entrer dans les maisons de verre, c’est-à-dire des entreprises maintenant, cotées en bourse parce qu’une e fois que l’entreprises est cotée en bourse, ses états financiers comme ses résultats sont disponibles. La disponibilité de ces états financiers, des comptes de résultats permettent à l’entreprise de respecter de gré ou de force, quelque part de déclarer tout ce qu’elle a gagné ».
Selon M. Diagne, les flux financiers augmentent d’année en année. Et cela appauvrit l’Afrique parce que cet argent-là pouvait être utilisé pour investir sur le secteur de l’éducation, la santé.

« Les flux financiers illicites sont devenus un sujet de préoccupation majeure en raison de leur ampleur et leur impact négatif sur les programmes de développement et de gouvernance surtout en Afrique. Cette situation a conduit la FES à poser le débat sur la question des sorties illicites de capitaux de l’Afrique et particulièrement au Sénégal. Il s’agit plus précisément de discuter des mesures qui doivent être prises pour réduire radicalement ces sorties de capitaux pour que ces ressources de développement demeurent bien dans le continent. La FES cherche à travers ce débat à alerter et conscientiser les populations, les autorités étatiques, la société civile afin que des actions concrètes soient prises contre ce fléau », précise le document de presse.

Saër DIAL

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