Kenya : l’opposition crache sur le dialogue et menace d’organisation une prestation de serment pour Raïla Odinga qui avait boudé les élections

La crise politique au Kenya n’est toujours pas terminée. L’opposition menace d’organiser, le 30 janvier, une prestation de serment de son leader Raïla Odinga. Un choix qui fait craindre de nouveaux affrontements.

Le président Uhuru Kenyatta avait été réélu en août, mais la Cour suprême avait annulé le vote. Un nouveau scrutin en octobre avait confirmé la victoire du chef de l’Etat. L’opposition ne reconnaît pas le résultat de cette longue séquence électorale ayant entraîné de nombreuses violences et une fracture dans la société. Aujourd’hui beaucoup poussent pour le dialogue.

« Si Raïla Odinga prête serment, on entrera dans une nouvelle spirale de la violence. L’opposition joue à un jeu dangereux », estime le chercheur Nic Cheeseman. Le procureur général a d’ailleurs déjà averti : si le chef de l’opposition est intronisé, il sera arrêté pour trahison et risquera la peine de mort. Une escalade qui risque de plonger le pays dans le chaos.

Des diplomates, hommes d’affaires, religieux et syndicalistes ont lancé une médiation pour instaurer un dialogue national. Sans succès. L’opposition veut parler de justice électorale et donc de l’élection. Le pouvoir refuse. « On voit clairement que ce dialogue sera limité. En tout cas, le scrutin ne peut plus être discuté, la page est tournée », confie un diplomate pour qui la National Super Alliance (Nasa) de Raila Odinga tente un coup de bluff et n’ira pas jusqu’à introniser son chef.

Avec ce projet à haut risque, le vieux leader tente en tout cas de garder la main sur sa coalition et à 73 ans, il ne s’exprime pas sur son avenir politique. « En 2022, le pouvoir devra forcément proposer un nouveau candidat. Raïla Odinga aura une vraie carte à jouer. Donc on ne sait pas s’il va transmettre le flambeau avant », indique Nic Cheeseman.

Raïla Odinga est également pris entre une partie de sa base souhaitant l’intronisation, des alliés politiques adeptes d’une ligne dure, et d’autres plus modérés, dont certains ont des vues sur la présidentielle 2022. D’après une bonne source, il reste encore des leviers d’apaisement avant le 30 janvier. Notamment des postes encore à pourvoir au gouvernement.

Source RFI

Dieyna SENE
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