Justice Barthelemy Dias assis sur un œuf, le verdict de son procès attendu ce jeudi

Le tribunal correctionnel de grande instance de Dakar rendra aujourd’hui sa décision sur l’affaire Ndiaga Diouf du nom de ce jeune de la banlieue qui a été́ tué lors de la fusillade à la mairie de Mermoz/Sacré-Cœur.

D’un côté́ Barthelemy Dias, Habib Dieng, agent de sécurité́ à la mairie de Mermoz et Babacar Faye, agent municipal à la mairie de Grand-Dakar a comparu pour coups mortels et complicité́ de coups mortels.

D’un autre côté́, Cheikh Mbackiou Siby, Samba Diouf alias Ndiol, Abdoulaye Diène et Seydina Omar Mangane, tous des militants du Parti démocratique sénégalais (Pds), comparaissaient pour les faits d’association de malfaiteurs, menace de mort et participation à un rassemblement illicite. Dans ses réquisitions, le maitre des poursuites avait tenté́ de démontrer la culpabilité́ de Barthelemy Dias et de ses codétenus. Selon lui, Barthelemy Dias et ses camarades se sont refugies dans des dénégations systématiques pour se tirer d’affaire mais précise le parquet « la ruse et le mensonge ne passeront pas dans ce procès. »

A l’image des avocats de la partie civile, le représentant du parquet avait soutenu que c’est le maire prévenu et sa bande qui ont débuté́ les hostilités. Dans son réquisitoire, le procureur a essayé́ de démontrer que Barth détenait une arme de calibre 38.

Mieux, le maitre des poursuites avait estimé́ que l’arme que Barth tenait dans la main gauche était différente de celle qu’il a remise à̀ l’instruction. Il a requis contre Barth coups et blessures volontaires ayant entrainé́ la mort sans intention de la donner avant de requérir 10 ans de prison ferme contre Barth et le décernement d’un mandat de dépôt. Pour ses codétenus, il a requis 5 ans de prison ferme sans mandat de dépôt.

Pour les « nervis » du Pds, le maitre des poursuites a requis 2 ans contre eux pour rassemblement illicite. Les avocats de la partie civile avaient réclamé́ la somme de 150 millions de francs CFA en guise de dommages et intérêts. Ces derniers, avant de formuler leur requête, s’étaient défoules sur Barthelemy Dias.

Me Dingue avait axé sa plaidoirie sur l’arrogance et la témérité́ du maire socialiste qui, selon lui, sont des défauts à combattre. Mieux, Me Dingue a soutenu mordicus que l’assassin de Ndiaga Diouf ne peut être personne d’autre que Barthelemy Dias. L’avocat avait rejeté́ l’argumentaire selon lequel Barth a agi sous le coup de la légitime défense.

Pour Me Diongue, on ne peut pas parler de légitime défense dans cette affaire. D’autant que Ndiaga Diouf a été́ atteint dans le dos. « Barthelemy Dias et ses codétenus devaient être traduits devant la chambre criminelle parce qu’ils ont opté́ la vie d’un individu. Alors qu’ils n’avaient aucunement le droit d’agir ainsi », avait déclaré́ Me Diongue qui demeure convaincu que le maire de Mermoz/Sacré Cœur a fait disparaitre l’arme du crime. Les autres avocats de la partie civile ont abondé dans le même sens que Me Diongue en dépeignant Barthelemy Dias comme celui qui a tiré́ sur Ndiaga avant de faire disparaitre l’arme du crime.  Les avocats de la défense, ceux de Barth tout comme ceux des « nervis » du PDS avaient plaidé la relaxe pure et simple. Aujourd’hui, on saura les gagnants du procès.

Source leral.net

Oumou Khaïry NDIAYE
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