Investiture du président Macky Sall : Les dessous de la visite éclair de Nicolas Sarkozy révélés par La Lettre du Continent

Alors qu’Emmanuel Macron a envoyé Ségolène Royal le représenter à l’investiture du président sénégalais, Nicolas Sarkozy était également sur place. La Lettre du Continent, après investigations nous dit le  pourquoi.

Arrivé à Dakar le 1er avril en provenance de Guinée dans un avion affrété par le groupe hôtelier français Accor, dont il est administrateur, Nicolas Sarkozy a eu, le même jour, un long tête-à-tête avec Macky Sall à la présidence sénégalaise.

L’ancien président français n’a, en revanche, pas assisté à l’investiture du président sénégalais, organisée le lendemain. La France y était officiellement représentée par Ségolène Royal, ex-ministre de l’environnement de François Hollande, née à Dakar.

En outre, Cécilia Attias, ex-épouse de Nicolas Sarkozy, figurait parmi les invités à cette cérémonie aux côtés de son mari Richard Attias, dont la société d’événementiel a organisé plusieurs forums au Sénégal.

Il s’agissait du second tête-à-tête depuis le début de l’année entre le chef de l’Etat sénégalais, réélu pour un second mandat, et Nicolas Sarkozy. Ce dernier, avocat du Qatar en Afrique, s’emploie à rééquilibrer l’influence de l’Arabie saoudite, de plus en plus prégnante au pays de la Teranga.

L’an passé, Macky Sall a en effet été l’un des très rares chefs d’état à ne pas annuler sa venue à la conférence Future Investment Initiative organisée à Riyad le 24 octobre, vingt jours après l’assassinat de l’opposant saoudien Jamal Khashoggi à Istanbul.

En retour, l’Arabie a envoyé une délégation de dix personnes à l’investiture de Macky Sall. En juin 2017 déjà, le Sénégal  avait été l’un des trois pays africains, avec le Tchad et la Mauritanie, à se ranger derrière l’Arabie Saoudite, instigatrice d’un blocus économique contre le Qatar.

A l’époque, Macky Sall avait rappelé son ambassadeur à Doha peu après avoir reçu l’ambassadeur d’Arabie dans son pays.

Déjà complexes, les relations entre le Sénégal et Doha se sont encore plus tendues en raison de la présence de Karim Wade à Doha. Le fils de l’ex-président Abdoulaye Wade est exilé au Qatar depuis 2016, d’où il menace régulièrement de revenir pour défier Macky Sall (LCn°792).

Alors que la société nationale Qatar Petroleum s’intéresse de près aux développements du gisement gazier de Tortue, ces complications politiques sont de nature à gêner les intérêts économiques de l’émirat à Dakar.

Pape Ismaïla CAMARA
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