Installations portuaires de Doraleh : Djibouti s’oppose fermement aux menaces et contre-vérités diffusées par DP World

Suite aux communiqués produits par DP World concernant les installations portuaires de Doraleh, l’État de Djibouti entend apporter les précisions suivantes :

Communiqué : La société DP World fait circuler depuis début avril un communiqué de presse dans lequel elle remet en cause aussi bien l’effectivité que la légalité de la résiliation par l’État djiboutien du contrat de concession portant sur l’exploitation du terminal à conteneurs de Doraleh. Ce contrat de concession a été conclu en 2006 avec la société Doraleh Container Terminal (DCT) dont DP World est actionnaire.
Dans ce communiqué, DP World menace de représailles juridiques toute entreprise qui viendrait à conclure un nouveau contrat avec l’État djiboutien portant sur les actifs du terminal à conteneurs de Doraleh.
L’État djiboutien entend s’opposer fermement aux menaces et contre-vérités diffusées par DP World dans ce communiqué de presse.
Le contrat de concession de DCT a été résilié au terme d’un processus juridique transparent et, contrairement aux allégations de DP World, DCT ne peut plus se prévaloir d’aucun droit de concession au titre du contrat en question.
Djibouti note avec un vif regret la position de DP World
Le gouvernement de Djibouti note avec un vif regret la position de DP World qui continue de porter atteinte aux intérêts supérieurs de Djibouti. DP World ne craint pas, en effet, de contester le pouvoir souverain dont dispose chaque État, en application du droit international, de résilier un contrat dès lors que l’intérêt général le requiert et sous réserve d’une juste indemnisation.
Cette position de DP World montre une fois encore avec quel mépris cette entreprise se comporte vis-à-vis de l’État djiboutien et de sa population.
À quel titre DP World, qui est une entreprise privée, prétend pouvoir menacer d’autres entreprises qui souhaiteraient entrer en relation avec l’État djiboutien pour y développer leurs activités ?

De toute évidence, DP World n’hésite pas à porter atteinte de manière flagrante à la liberté économique de ces entreprises. Il convient de souligner, d’ailleurs, que ces menaces sont vaines et dépourvues de tout fondement envers des entreprises tierces à la procédure de résiliation décidée par l’État djiboutien et auxquelles la clause d’exclusivité mentionnée par DP World n’a jamais été opposable.
La résiliation de la concession du terminal à conteneurs de Doraleh effective et parfaitement légale
À cet égard, contrairement à ce qu’estime DP World, la résiliation de la concession du terminal à conteneurs de Doraleh est effective et parfaitement légale. En effet, cette décision est intervenue sur le fondement d’une loi votée par le Parlement le 8 novembre 2017 et d’un décret pris par le président de la République le 22 février 2018. Deux actions prises dans le respect des normes internationales, et après des tentatives de renégociation de la concession qui n’ont pas abouti du fait du refus répété et inexplicable de DP World d’entendre les demandes légitimes de l’État djiboutien.
Par ailleurs, malgré ce qu’affirme DP World, l’État djiboutien n’a pas fondé sa décision de résilier le contrat de concession du terminal à conteneurs de Doraleh sur un motif d’illégalité, mais sur un motif d’intérêt général.
L’exécution du contrat contraire aux intérêts supérieurs de la Nation
L’État djiboutien a constaté que l’exécution de ce contrat se révélait contraire aux intérêts supérieurs de la Nation, qu’il portait un préjudice manifeste aux impératifs de développement du pays, aux impératifs de contrôle des infrastructures ainsi que de sécurité d’approvisionnement de la population.

DP World tente bien maladroitement de résumer la situation à une simple divergence d’intérêts financiers en soulignant que « le contrat de concession a été très avantageux pour Djibouti ».

Encore une fois, cela démontre que DP World fait peu de cas des intérêts supérieurs d’un État et semble considérer que les seuls intérêts dignes d’être poursuivis ne sont que financiers alors qu’il en va du développement de l’ensemble d’un pays et de toute une région.
L’État djiboutien ne saurait d’ailleurs se satisfaire de revenus provenant de l’exploitation d’un service ou d’une infrastructure stratégique – aussi importants fussent-ils – alors que sont ici en jeu la croissance économique et l’amélioration des conditions de vie de la population.
Pour terminer, l’État djiboutien souhaite réaffirmer sa volonté de faciliter le développement du pays et le bien-être de sa population. Il souligne également que les investisseurs internationaux, partenaires publics, privés et nations amies, particulièrement dans le domaine des infrastructures, sont les bienvenus à Djibouti à cette fin.

 

Source Agence 35% Nord

Momar Diack SECK
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