Imam Cheikh Omar Kouta, chef religieux, président de l’Asvie :« Le Sénégal n’a aucune responsabilité sur le coup d’Etat raté en Gambie »

Imam Cheikh Omar Kouta, natif de Kaolack, plus précisément de Médina Baye était établi durant plus d’une dizaine d’années en Gambie où il avait ouvert des « Daara » pour propager la « Fayida » Cheikh Ibrahim Niasse ». Aujourd’hui en tant que chef religieux et imam de la mosquée Unité 18 des Parcelles Assainies, Imam Cheikh Omar Kouta est président de l’association pour la promotion des valeurs et la préservation du cadre de vie (Asvie).

Ce fils d’El Hadji Abdoulaye Kouta a fait ses études à Médina Baye dans l’Université Africaine Américaine Islamique de Kaolack Dans l’entretien accordé à Lactuacho, il condamne les caricatures de Charlie Hebdo et félicite les frères Coulibaly. Il a entre autre nié toute implication du Sénégal concernant le coup D’Etat raté en Gambie.
Lactuacho : Entre le Sénégal et la Gambie, les relations sont un peu tendues et lors du coup d’Etat manqué, le président Yaya Jammeh, a accusé notre pays. Comment appréciez-vous les relations entre les deux pays ?
Cheikh Omar Kouta : Nous avons mis sur pied une association pour raffermir les relations entre les deux pays. J’ai une lecture de cette relation mais ma vision remonte en 1981 avec Koukoie Samba Sanyang, si le coup d’Etat réussissait, Mister Diba devait être Président mais avec l’appel d’aide du gouvernement gambien à l’Etat du Sénégal, c’est en ce moment que le président Diouf avait envoyé des soldats en Gambie pour faire échouer ce coup d’Etat.

Il y a eu beaucoup de morts du côté de l’armée sénégalaise durant cette mission. Ceux qui étaient dans le coup d’Etat ont fui et Koukoie Samba Sanyang faisait partie de ces gens-là. D’autres étaient restés dans le pays, ils étaient emprisonnés et Mister Diba en faisait partie.

La loi avait prévu leur exécution mais le président Diawara les a pardonnés en les laissant travailler dans l’Etat. Ils font partie d’une ethnie qui croit dure et fort que ce sont eux seulement qui doivent diriger la Gambie.

Le premier président faisait partie de cette ethnie, il s’agit de l’ethnie « Socé ». Ils ont changé le système en imposant le journal parler en « Socé » à la place du journal « Wolof » parce que disent-ils que la Gambie est un pays pour les « socé ».

Cette situation avait crée à l’époque des problémes d’ethnie dans le pays. Même dans l’administration, si tu ne parlais pas cette langue, les gens ne vont même te regarder. On avait favorisé les « socé » en leur donnant la quasi-totalité des postes dans l’administration.

A l’époque, ces gens-là ont diabolisé les sénégalais de telle sorte que quand un sénégalais avait un problème avec un gambien, on le condamnait sans lui la chance de se défendre.

Cependant avec l’avènement de Yaya Jammeh, il a réglé ce problème-là. Il a aussi œuvré pour que les étrangers aient les mêmes droits que les gambiens. Ce sont les Etats qui ont des problémes mais pas les populations. Il ne faut pas que les deux pays se regardent des ennemis parce que nous sommes condamnés par l’histoire et par la géographie.

Le Sénégal n’a aucune responsabilité sur le coup d’Etat raté en Gambie. Ce coup d’Etat, c’est entre gambien. J’avais suivi dans une télévision de la place Cheikh Sidiya Bayo qui disait que c’est lui qui a poussé une partie de l’armée pour faire le coup d’Etat. Automatiquement, j’ai appelé dans cette télévision, qu’on ne doit pas laisser un gambien parler une telle chose depuis le Sénégal, c’est une bombe.

Et le Sénégal ne doit pas être une base arrière pour combattre la Gambie. L’Islam accepte d’héberger quelqu’un pourchassé mais ce dernier ne doit pas mener la guerre à partir de chez toi contre les gens avec qui, il a des problémes.

Je condamne ce coup d’Etat raté. je magnifie le rôle joué par Yaya Jammeh en Gambie. Je lui conseille de s’assoir avec son peuple et de discuter. Il faut qu’il fasse son auto-critique.
Comment analysez-vous les caricatures par Charlie Hebdo du Prophète Mohamed (PSL) et la participation de Macky Sall à cette marche ?
Je suis musulman. Je condamne jusqu’à la dernière énergie ces actes de Charlie Hebdo. Je ne dis pas que je suis content sur le fait d’ôter la vie à quelqu’un mais je me réjouis du fait qu’on a attaqué les ennemis de l’Islam.

Le journaliste est une personne comme les autres et dans chaque corps de métier, il y a des bons et des mauvais, des hommes honnêtes comme des gens malhonnêtes. La liberté d’expression ne veut pas dire calomnier.

Quand, quelqu’un n’est dans une quelconque religion, il a le droit dire que je ne fais pas partie, c’est son droit mais quant à calomnier ou dire de vilaines choses, non.

C’est une armée qui s’est levé pour défendre Charlie contre deux personnes. Ils doivent revoir leur copie et si tous les musulmans se levaient comme les deux jeunes-là, ça serait la catastrophe.

Je félicite les frères Coulibaly pour leur acte de courage. Je prie pour que le bon Dieu de les accueille au paradis. Ils sont morts sur le chemin de l’Islam, c’est l’amour qu’ils ont pour le prophète qui a fait qu’ils ont sacrifié leur vie.

La participation de Macky Sall à la marche le concerne. Il n’est pas partie là-bas pour l’Islam, ni pour représenter notre pays. Ce ne sont pas les sénégalais qui lui ont dit de partir là-bas.

Si Macky est parti pour lutter conte le terrorisme, il ne devait pas le faire parce que les occidentaux sont des terroristes. Ils ont détruit la Libye, l’Iraque. Ce journal était en faillite et il a parlé sur le prophète pour renaître.
Propos recueillis par Saër DIAL.

Saër DIAL

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