Hydrocarbures, Moussa Touré sonne l’alerte « Gouvernement : Arrêtez de Pomper les Sénégalais »

Contribution
Les prix des produits pétroliers notamment le super, le gasoil, le diésel oil, le fuel, le gaz sont encore régis, à notre connaissance, par deux décrets fondamentaux :

le décret n° 2006 – 952 du 26 Septembre 2006, abrogeant et remplaçant le décret n° 98 – 342 du 21 Avril 1998, fixant les modalités de détermination des prix des hydrocarbures raffinés.

et le décret n° 2006 – 953 du 26 Septembre 2006, portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Fonds de Sécurisation des Importations de Produits Pétroliers (FSIPP).

Le décret n° 2006 – 952 dispose en son article 7 :

‘‘les prix-plafond des hydrocarbures raffinés sont fixés par arrêté du Ministre chargé des Hydrocarbures.

La procédure de détermination et d’application des prix-plafond est la suivante :

chaque quatrième jeudi du mois : il est procédé à la finalisation du calcul des prix-plafond pour les quatre semaines suivantes sur la base des valeurs des prix CIF, du fret maritime et du taux de change durant les quatre dernières semaines ;

au plus tard à 14 heures 00 ce même jour, les nouveaux prix-plafond sont communiqués au Ministre chargé des Finances, au Ministre chargé du Commerce et aux titulaires de licence, pour observation ;

les observations écrites doivent parvenir au Ministre chargé des Hydrocarbures au plus tard le vendredi suivant à 9heures ;

au plus tard à 17 heures 00 ce même jour, les nouveaux prix-plafond sont notifiés aux titulaires  de licences et publiés par tout moyen approprié ;

les nouveaux prix entrent en vigueur à partir du samedi qui suit à
18 heures 00’’.

Au cours d’une émission OPINION de la Radio – Télévision Walfadjri, diffusée Dimanche 02 novembre 2014, le Président du Parti, déplorant que depuis l’avènement de l’actuel régime, aucune modification du prix de l’essence super, et du gasoil en particulier, n’était intervenue alors qu’à la date de l’émission, le prix du baril de pétrole brut avait significativement baissé, passant de quelque 120 US $ quelques mois auparavant à 80 US $.

Or, le décret n° 2006 – 952 cité ci-dessus, prévoit une révision des prix des hydrocarbures tous les mois.

Le Président du Parti appelait alors le gouvernement à procéder à une baisse de l’ordre de 100 F CFA sur le prix de ces deux produits, pour restituer aux consommateurs une partie de la ponction substantielle que s’appropriait indûment le gouvernement depuis plusieurs mois.

Cette invite (ainsi que le même montant de 100 francs CFA) a aussitôt été reprise par les transporteurs dans une plateforme de revendications.

Des hommes et des femmes politiques se sont à leur tour mêlés à la partie, comme ils savent si bien le faire en matière de récupération.

C’est donc sous la pression que le gouvernement a dû, le 21 Décembre 2014, enfin se résoudre à procéder à des baisses, ramenant de 889 francs à 795 francs le prix à la pompe du litre de super, soit une baisse de 94 francs; de 792 francs à 690 francs le prix à la pompe du litre de gasoil, soit 102 francs de baisse, donc presque en moyenne une diminution de 100 francs pour les deux produits, comme l’avait réclamé le Président.

Au moment de cette diminution des prix et depuis lors, le cours du pétrole brut n’a cessé de baisser et côte actuellement un peu plus de 40 US $ le baril sur le marché de New York.

Aujourd’hui, il devient impératif que le gouvernement procède de nouveau à une baisse significative, de 100 à 150 francs, sur le prix à la pompe du litre de ces produits, ce qui ne compromettrait nullement l’abondement du Fonds de Sécurisation des Importations de Produits Pétroliers (FSIPP).

Respecter les deux décrets cités ci-dessus, c’est ne pas faire du wax waxeet, car le Président Macky SALL les a contresignés en tant que Premier Ministre.

Maintenir le statu quo serait injuste et malhonnête, anti-social et anti-économique  à plus d’un titre parce que :

en l’état actuel des choses, si l’on considère le volume des importations officielles cumulées d’essence super et de gasoil en 2014, soit 443 339 tonnes, c’est la somme colossale de presque 45 Milliards de francs, que l’Etat ponctionne annuellement sur les Sénégalais en refusant une baisse de 100 francs par litre de ces produits.

C’est perpétuer l’exception sénégalaise que reflète le tableau ci-dessous, qui montre qu’aussi bien pour l’essence super que pour le gasoil, le Sénégal détient la palme des prix élevés :

  SUPER/L GASOIL/L
SENEGAL 795 690
CÔTE D’IVOIRE 715 615 – 650                 (1)
BENIN 710 550
BURKINA FASO 682 606
MALI 750 650                            (2)
NIGER 540 538
TOGO 592 638

(1)- Côte d’Ivoire, c’est la fourchette de prix autorisée

(2)- Mali : le Mali a baissé ses prix lundi 17 Août 2015 au moment où cette interpellation était en cours de rédaction.

En termes de frais d’approche pour les importations, le Sénégal a une situation privilégiée : aucune raison ne peut justifier que ces produits soient plus chers qu’en Côte d’Ivoire, a fortiori que les autres pays dont ceux qui sont enclavés (Burkina Faso, Mali, Niger).

Au moment où le PSE (Plan Sénégal Emergent) tient lieu de bréviaire au pouvoir en place, c’est saper gravement la compétitivité de notre économie que de maintenir les carburants et l’électricité (dont les combustibles constituent un poste important dans le coût), à des niveaux plus élevés que partout ailleurs. Revoir drastiquement à la baisse le coût de ces facteurs est un préalable à toute réforme structurelle ou conjoncturelle.

Enfin, dans un pays où la demande sociale est si forte, baisser le coût des carburants, c’est baisser le coût des transports, c’est faciliter la mobilité ; baisser le prix de l’électricité et du gaz, c’est  alléger un lourd fardeau pour les foyers modestes.

Ce dossier, tout le monde en conviendra, est d’une grande importance pour tous les sénégalais; une importance plus grande que l’occupation permanente de l’espace public et la scène médiatique pour glorifier une piteuse visite à l’Université Cheikh Anta Diop, plus grande que de légitimer des comportements qui heurtent et révulsent la majorité des sénégalais comme le débauchage des militants alimentaires ou de transhumants professionnels pressés de saisir la perche qui leur est tendue à l’occasion, pourtant solennelle, du décès d’un de leurs proches ou d’une inauguration.

Que tous les Sénégalais s’approprient ce dossier pour amener le gouvernement à arrêter de les voler.

Dakar, le 18 août 2015

Pour le Parti CET / Jariñ Sama ReeW

Son Président

Moussa Touré       

Saër DIAL

Rédacteur

Saër DIAL

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