Hommage au Président Mamadou Dia, un homme bien*

En ce jour du Jeudi 25 janvier 2018, les patriotes et les progressistes se souviendront du Président Mamadou Moustapha Dia et ne manqueront pas certainement de prier sur sa tombe ou d’avoir une pensée pieuse pour cet illustre fils du Sénégal qui nous a quitté le dimanche 25 janvier 2009 à l’âge de 98 ans. 

Le Président Dia fut assurément un humaniste spiritualiste qui s’est toujours investi pour l’épanouissement de l’Homme et de Tout l’Homme. Point n’est besoin de revenir sur les péripéties de son riche parcours politique et intellectuel et bien sûr sur son fameux « coup d’État» de 1962, cette dramaturgie qu’il aurait tentée.

Cependant, force est de reconnaitre, aujourd’hui, que la reconstitution des faits historiques réhabilite le Président Dia dans son rôle de patriote intransigeant, défenseur des intérêts de la nation et du bien commun, face aux velléités de reconquête coloniale de la France appuyée par ses sicaires locaux.

La France n’a pas encore abdiqué et elle tient toujours à sa rente coloniale, notamment ses anciennes colonies (de l’Aof et de l’Aef)- devenues des Etats dit-on-regroupées, aujourd’hui, dans des institutions conçues totalement à l’aune de ses intérêts-l’Uemoa et la Cemac.

L’esprit de la Constitution Gaullienne adopté par référendum le 28 septembre 1958 continue toujours de régir nos Etats et y a accouché d’un avorton que l’éminent Professeur et homme d’État Abdoulaye Ly avait baptisé : Présidentialisme néocolonial. Depuis 1963, le Sénégal est bridé par ce présidentialisme néocolonial toujours de saison malgré deux alternances politiques d’inspiration social-libérale (19 mars 2000 et 25 mars 2012) et fatalement il nous conduira à la ploutocratie avec ses armées de frustrés et de pauvres.

Croire que les institutions sont neutres relève d’une pure naïveté.

En effet,  ce sont  ces dernières qui créent les opportunités pour les organisations (partis politiques, groupes de pression, associations de toute obédience etc.) et les grands perdants seront toujours les masses populaires plus préoccupées par la satisfaction de leurs besoins primaires (manger, boire, se soigner et un habitat décent !) que la recherche du savoir pour transformer leur vie précaire. Tout est fait pour les décourager à rester eux-mêmes, à acquérir le savoir bref à être créateurs d’eux-mêmes. Je n’en veux pour preuve que le sabotage organisé de l’école publique qui a perdu depuis longtemps sa vocation d’instruction et d’ascenseur social : Le poète-président Léopold Sédar Senghor doit sûrement retourner dans sa tombe !

Et cerise sur le gâteau, les déchets toxiques de la mondialisation incontrôlée que sont : l’aliénation, l’ingratitude la corruption, l’infatuation, la concussion, la traîtrise, le cynisme -ces vices émergents- ont pris la place de nos valeurs cardinales de Ngor (dignité), Jom (courage) et de Köleré (reconnaissance) auxquelles le Président Dia croyaient profondément et… il en paya d’ailleurs le prix sans regrets ni rancune.

Le Président Dia a fortement marqué l’histoire du Sénégal en tant qu’artisan de son indépendance, bâtisseur de son Etat, concepteur et initiateur des reformes structurelles ayant permis d’inscrire le pays sur la voie de la modernité.

En l’an 2000, il apporta sa caution morale à la Coalition Alternance 2000 conduite par Maître Abdoulaye Wade et les leaders historiques de la gauche patriotique (Amath Dansokho, Landin Savané, Abdoulaye Bathily, Dr Dialo Diop, Mamadou Diop Decroix, Madièye Mbodj etc.).

Le Président Dia fut un intellectuel organique et un penseur de la problématique du développement autogestionnaire par sa finesse théorique, sa probité intellectuelle et sa puissance analytique.

Le Président Dia sera toujours parmi nous – cette présence invisible dont parlait Victor Hugo. Son immense œuvre doit être revisitée et mériterait un symposium dès lors que le temps a fini de venir à bout des passions. La République du Sénégal-dont le Président Mamadou Moustapha Dia fut incontestablement un de ses plus illustres bâtisseurs et serviteurs- doit lui rendre justice et ainsi se réconcilier avec elle-même.

Qu’Allah dans sa MISÉRICORDE INFINIE continue de l’entourer de ses GRÂCES ÉTERNELLES

Docteur Ibrahima Dème

Vétérinaire-Chargé d’Études

*Inspiré de l’édito de F-O.G en hommage à Jean d’O (Le Point n° 2361 du 7 décembre 2017 p 43)

 

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