Filtrage grâce au Parrainage : Cette « démocratie au faciès », très dangereuse pour le Sénégal par Boubacar Séye

Au Sénégal, le projet de loi portant sur le parrainage des candidats à la présidentielle de 2019 risque de plonger le pays dans une incertitude absolue.

La mise en œuvre de cette loi dévoile du point de vue technique et juridique beaucoup de failles, des insuffisances et lacunes.

Le principe d’égalité entre les citoyens,  socle fondamental de la constitution est violé par cette loi partisane et taillée à la juste volonté du parti au pouvoir. Car faudrait-il peut-être le clarifier à l’opinion : non seulement le parrainage n’est pas le vote, mais aussi le vote n’est pas obligatoire au Sénégal.

Pour un petit rappel, avant d’être révisée « sur mesure » et sans concertation, par le pouvoir en juillet, la constitution hormis certains aspects comme la caution, n’exigeait que certains points essentiels comme d’abord être exclusivement de nationalité
sénégalaise, ensuite jouir de ses droits civiques et politiques, ensuite être âgé entre 35 ans au moins et de 75 ans au plus le jour du scrutin, mais aussi savoir écrire, lire et parler couramment la langue officielle.

Aujourd’hui l’obligation pour chaque candidat  à la présidentielle d’obtenir au moins 1% du corps électoral n’est  en fait qu’un ajout qui violation de la constitution unanimement reconnue par les Sénégalais.

Pour défendre  cette thèse l’ Etat s’est appesanti sur la notion de « rationalisation des candidatures » « pour éviter l’ inflation et la prolifération des  candidatures » ,  une posture  très discutable vue la mise  en application de cette loi  et les techniques adoptées  pour la validation des candidatures .

De nombreux candidats sont déjà rejetés  par ce système, des raisons de doublons de signatures  pour la plupart, ce qui est normal et prévisible d’ ailleurs. Tous  ceux qui ont déposé  au dernier moment, risquent d’être recalés.

Le constat donc est que nous sommes en face d’un système démocratique qui ne tient plus compte de la volonté   et de la souveraineté du peuple. Seuls les premiers sur la table, seront mieux servis, ce qui a créé de vives tensions entre  dès les premières heures du dépôt.

  Une loi  taillée sur mesure pour le pouvoir :

Cette loi très controversée  selon beaucoup d’observateurs   est au service de l’état et vise à éliminer certains candidats considères comme menace potentielle à la réélection du Président sortant au premier tour.

Sinon comment expliquer que  les partisans  du  président sortant dont la candidature est systématique puissent se vanter de détenir plus de 2 000 000 de signatures. N’est-ce pas une façon de préparer l’opinion à un  passage forcé au premier tour ce qui est serait impossible vue la mécanique électorale au Sénégal.

Face à ce désordre  institutionnel et aux risques de chaos   qui pèsent sur la stabilité du pays, nous invitons le conseil constitutionnel et la CENA à la responsabilité  et interpellons l’opinion  internationale pour  éviter des séries de violence au Sénégal, un pays tant vanté pour sa stabilité.

 

Boubacar Sèye

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