Festival des écovillages de Loboudou: les communautés locales s’organisent pour relever le défi de la crise écologique et climatique au Sahel

La municipalité de Dar El Barka (Sud de la Mauritanie) et le Réseau pour l’Emergence et le Développement au Sahel (REDES) ont officialisé leur alliance par la signature d’un accord de partenariat. L’accord a été scellé le premier mai dernier devant de nombreuses personnalités dont M. Isselmou Ould Salem, Hakem (Prefet) de Dar El Barka, M. Sow Moctar, Vice-Président du Conseil Régional du Brakna et Président du Réseau Mauritanien des Ecovillages (REMEV), M. Aly Ly Président l’Association pour le Développement Communautaire de Loboudou,  devant les représentants des communautés villageoises de la commune, des organisations non gouvernementales intervenant dans la région et associations féminines et de jeunesse de la commune de Dar El Barka.

Cette convention de coopération a été signée dans le cadre de la première édition du festival des écovillages, un événement sous régional majeur organisé par l’Association pour le Développement Communautaire de Loboudou, dirigée par Aly Ly, enseignant à la retraite et chef du village passionné par la régénération des écosystèmes et de la biodiversité.

Ce festival a été l’occasion pour les participants venus nombreux de Mauritanie, du Sénégal et d’Italie, de visiter et de célébrer les succès communautaires du village hôte qui a su, en un temps record et avec des moyens modestes, régénérer une forêt de 18 hectares et constituer ainsi un sanctuaire pour une grande diversité d’animaux. Le dynamisme des coopératives féminines y a été également célébré par une exposition riche et variée d’une production pharmaceutique locale, de produits agricoles, alimentaires et cosmétiques biologiques locaux.

Le riche patrimoine socioculturel de la région a été fêté avec faste et harmonie par les différents segments de la communauté: les Subalbe (pêcheurs traditionnels) ont démontré leur maitrise parfaite de l’eau par une magnifique chorégraphie de pirogues. La danse des chevaux sur fond de musique traditionnelle et sous un tonnerre d’applaudissements a été un autre moment non moins plaisant de la fête. Tout au long de cette journée festive, riche en couleurs et en enseignements, les Awlube (griots) et autres artistes de Loboudou ont clamé de beaux poèmes en Pulaar et égayé l’atmosphère avec de belles chansons traditionnelles.

Les communications ont porté essentiellement sur la problématique des changements climatiques au Sahel, les succès communautaires de Loboudou dans la lutte contre la désertification, l’érosion fluviale et la perte de la biodiversité, sur la permaculture, sur la philosophie et les pratiques écovillageoises, sur les enjeux du pôle transfrontalier des écovillages émergent de part et d’autre du fleuve Sénégal, entre les Communes de Dar El Barca (Mauritanie) et de Gamadji Saré (Senegal).

Le Maire de la Commune de Dar El Barka, Tidiane Mame Kane écologiste pragmatique, a fortement exhorté les participants à s’inspirer du modèle de Loboudou, premier écovillage de Mauritanie dont les efforts de  régénération de la biodiversité sont aujourd’hui cités en exemple partout dans le monde, par le Réseau Mondial des Ecovillages. Il a rappelé aux populations que la préservation de l’environnement constitue une obligation pour tout Musulman car, explique-t-il, «ceux qui déciment les forêts, installent durablement sécheresse et désolation, et portent ainsi la responsabilité de la privation d’une multitude d’êtres de la Miséricorde divine qu’est la pluie». «Il urge, poursuit-il, de reconstituer les écosystèmes, de veiller sur la biodiversité et  d’empêcher le pillage des réserves forestières. Nous nous réjouissions de la  mutualisation des efforts entre les villages riverains du Sénégal  pour gagner le combat contre la désertification».

Le projet de création d’un pôle transfrontalier d’écovillages, porté par le REDES, le REMEV et l’Association de Développement Communautaire de l’écovillage de Loboudou,  fortement soutenu du côté du Sénégal par la Commune de Gamadji Saré et le PUMA et au plan international par les partenaires du REDES, a été très favorablement accueilli par les autorités municipales et administratives de Dar El Barka, par les Chefs de villages, par les Organisations non gouvernementales intervenant dans la région du Brakna, les coopératives féminines et les organisations de jeunesse présents au festival des écovillages de Loboudou.

La première édition du festival des écovillages de Dar El Barca, un événement haut en couleurs et en enseignements, a été une grande journée de réflexion, de sensibilisation et de concertation entre communautés riveraines du Sénégal. Elle constitue,  pour les populations, un nouveau départ dans la lutte contre la profonde dégradation des écosystèmes et la crise socio-économique multidimensionnelle qui en découle.

Dr Ousmane Aly PAME, Président de la Section africaine du Réseau Mondial des Ecovillage et du Réseau pour l’Emergence et le Développement des Ecovillages au Sahel (REDES)

www.redes-ecovillages.org    Email : redes.ecovillages@gmail.com

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