ÉLIMINATION DU PALUDISME : Trois piliers mis en place pour stopper ce fléau

Dans le but d’éliminer le paludisme sur toute l’étendue du territoire national dont le Sénégal s’est fixé comme objectif d’ici 2030, la technologie, la recherche et l’innovation ont leur rôle à jouer dans ce processus final. Pour cela, un fondement appuyé sur trois piliers est mis en œuvre dans ce pays pour endiguer ce fléau.

Le gouvernement du Sénégal s’est prêt d’ici 2030, à l’élimination du paludisme sur l’étendue du territoire national. Pour cela, un fondement appuyé sur trois piliers est mis en place pour accompagner la période d’élimination de cette maladie qui a longtemps fait souffrir le continent noir. Il s’agit de garantir l’accès universel aux médicaments, de garantir le processus de prise en charge et la surveillance de la maladie. « Mais aussi, l’appui à ces trois piliers dépend de la recherche et de l’innovation », a déclaré Doudou Séne, coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp). Selon lui, le Sénégal est sur la bonne voie, avec le paludisme a subi une régression très nette sur toute l’étendue du territoire surtout au niveau de la mortalité où le taux de la régression est de 60%. « Seule la zone centre et le sud du pays posent problème pour l’éradication de la maladie », a-t-il souligné. Dr Doudou Séne s’exprimait en marge du lancement de la technologie Luminex-multiplex appliquée à la surveillance sérologique du paludisme et aux autres pathologies. Cette plateforme innovante de recherche sur le paludisme et les pathologies infectieuses d’une valeur de plus de 100 millions F CFA, qui est une première en Afrique, est mise en place par le service de parasitologie-mycologie de la Faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), en collaboration avec le CDC/Atlanta des Etats-Unis. Cette machine permet à traquer tous les parasites. « Elle permet de régler le problème des infections du paludisme et d’autres pathologies fébriles d’origine infectieuse dues au paludisme, à la fièvre jaune, à la dengue, au Zika, au Lassa, aux maladies émergentes et aux autres maladies tropicales négligées. « Cette machine permet également de voir toutes traces et de détecter toute infection bactérienne antérieure récente ou ancienne due à des parasites, tout en permettant d’avoir au niveau du ministère de la Santé une grande cartographie des syndromes fébriles dans ce pays », a-t-il expliqué. Pour sa mise en place, une équipe américaine séjournera du 20 au 27 juin 2018, à Dakar, période durant laquelle des chercheurs sénégalais de L’Ucad, de l’Ird de l’Institut Pasteur de Dakar, du Pnlp seront formés sur l’utilisation de cette nouvelle technologie scientifique de pointe.
Pour Pr Daouda Ndiaye, chef du service de la parasitologie de la Faculté de médecine, pharmacie et odontologie de l’Ucad et chef du service de la parasitologie de l’hôpital Aristide Le Dantec, « cette plateforme s’inscrit dans la logique de la lutte, du contrôle et de l’élimination du paludisme ». « Cette plateforme, qui est une technologie de pointe, dispose de tout ce qu’il faut pour accompagner le Pnlp », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « Comme la prévalence du paludisme tourne autour de 2%, donc il y a 98 % de cas non palus. Avec ce luminex-multiplex, nous parvenons non seulement de confirmer toute infection, mais de voir à partir d’un même échantillon toute infection bactérienne, virale, parasitaire liée à la clinique ».

Saër DIAL

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