Ecosystème numérique africain : des avancées notées, mais d’importants défis demeurent selon le premier rapport ICANN

Avec l’attribution des noms de domaines et numéros sur Internet, les questions relatives à l’économie numérique et à la contribution de l’Internet au développement économique sont devenues décisives pour l’Afrique. Pourtant malgré des avancées notées,  d’importants défis transparaissent du rapport présenté le dimanche 6 mai 2018 à Dakar, par la Société pour l’attribution des noms de domaines et des numéros sur Internet (ICANN).

L’édition 2018 du Sommet africain de l’Internet (AIS), une conférence régionale d’échange sur les technologies de l’information et de la communication (TIC), où se donnent rendez-vous tous les ans, les acteurs clés de l’industrie et de la communauté Internet mondiale, a aussi été un moment fort de diagnostic pour l’économie numérique du continent africain.

Avec une stratégie quinquennale murie et rédigée en 2012, selon Pierre Dandjinou son vice-président pour l’Afrique, l’ICANN  à travers un internet sécurisé, universel et régulier, vise à renforcer le système des noms de domaine et à encourager la participation régionale à l’écosystème de l’Internet mondial.

Son premier rapport a été présenté durant ce Sommet de trois jours, organisé par le Centre d’information du réseau africain (AFRINIC) et le Groupe d’opérateurs de réseau africains (AfNOG).

Du document partagé avec la presse le samedi, il ressort un constat : « l’Afrique, une région diversifiée avec ses 54 pays, offre une riche diversité d’ethnies, de cultures et de langues sur un vaste territoire, mais aussi un grand nombre de défis. Entre autres, il existe une faible participation de la communauté aux discussions relatives à l’Internet, en plus des barrières linguistiques pour certains membres, car l’ICANN ne publie ses contenus que dans les 6 langues officielles des Nations Unies.

Ensuite, l’obstacle des ressources financières limitées, ainsi que des processus opérationnels et logistiques difficiles, ont été pour l’Afrique des facteurs ayant contribué à son incapacité d’atteindre pleinement ses objectifs. Or selon le rapport, la stratégie pour l’Afrique nécessite un investissement en capital qui ne peut être atteint qu’à travers la collaboration et le partenariat avec la communauté. Et l’’ICANN n’a pas suffisamment de ressources pour atteindre toute seule ces objectifs. Il y a donc un besoin urgent de faire en sorte que la communauté africaine s’implique davantage.

A cela s’ajoute à la lenteur des réponses dans la communication pour les demandes de re-délégation dans certains pays, sans oublier le manque de sensibilisation des communautés locales au niveau national.

C’est pourquoi, malgré des avancées, la région Afrique demeure faiblement desservie, de nombreux pays africains souffrent du manque de connectivité à large bande permettant l’augmentation des services Internet, en particulier dans l’environnement des noms de domaine. En même temps, ce phénomène est caractérisé par le coût élevé de la connectivité par rapport à d’autres régions,  malgré les efforts et l’engagement de la part des dirigeants de l’organisation ICANN et la communauté africaine, certains projets ont été lents à mettre en œuvre et beaucoup parmi eux sont toujours à l’étape embryonnaire.

 

Momar Diack SECK
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