Dr. Yacine Badiane Ndour, directrice du laboratoire national de recherche sur la production végétale à l’ISRA : « Actuellement le degré de salinisation de terres est presque à plus de 1 million de hectares »

En marge de la cérémonie de lancement du Réseau des journalistes Associés aux questions agricoles, à l’élevage et à la pêche (REJAQUES), Dr. Yacine Badiane Ndour, directrice du laboratoire national de recherche sur la production végétale à l’ISRA (institut sénégalais de recherches agricoles), a fait une présentation sur : « L’impact des changements climatiques sur l’agriculture sénégalaise ».Elle estime que le degré de salinisation de terres est presque à plus de 1 million de hectares.

« Les chercheurs ont montré qu’il y avait une inclusion marine surtout au niveau de la zone côtière qui affecte les eaux en surface et la salinisation des terres. Et actuellement le degré de salinisation de terres est presque à 1 million sinon plus 1 million de hectare de terres salinisées. A part le phénomène de salinisation, nous avons d’autres phénomènes de dégradation notamment l’érosion hydrique mais également l’érosion éolienne avec l’ensablement des cuvettes qui impacte fortement sur la productivité agricole », précise Dr. Yacine Badiane Ndour de l’ISRA.

D’après Dr. Ndour, l’impact est sur plusieurs niveaux, sur plusieurs ressources. D’abord sur la production agricole avec la variabilité pluviométrique qui impacte les rendements mais également la production agricole parce qu’on a noté que la variabilité fait que il est difficile maintenant d’avoir le profil de l’hivernage, le profil exacte parce qu’il y a des faux départs, il y a un recul de la date de démarrage de la saison pluviométrique.

Et Dr. Ndour de poursuivre : « Parfois, on peut assister également à un arrêt précoce de l’hivernage et cela impacte fortement sur la production. L’année dernière, ce cas s’est présenté sur l’arachide où on a eu du mal pour le remplissage des graines et ce qui a impacté sur la baisse de la production. Les autres ressources qui sont affectées par les changements climatiques, ce sont les ressources en eau. Et nous savons que notre agriculture est presque à 90%, une agriculture pluviale, donc ces ressources en eau affectées, concernent également les eaux douces ».

Pour ce qui est des solutions, elle estime qu’il y a plusieurs solutions. Et cela dépend des contraintes.
« Pour ce qui est variabilité pluviométrie et baisse de la pluviométrie, l’ISRA a mis en œuvre des variétés améliorées à cycle court. Il y avait des variétés d’arachide, cinq variétés de 90 jours, qui ont été homologuées. Nous avons des variétés de riz qui sont également adaptées à ce cycle-là mais également des variétés de riz qui sont adaptées à la salinisation qu’on peut utiliser en Casamance et dans le Sine-Saloum dans le riz pluvial et différentes variétés sur le maïs, donc l’ensemble des céréales », note-t-elle.

Dans un autre registre, elle souligne qu’au niveau de l’Afrique, le taux d’engrais utilisé est le plus faible par rapport au niveau mondial.
« Quand on dit taux d’engrais, on parle de moyenne et j’ai dit qu’actuellement, le niveau qu’on utilise, ne pollue pas. L’engrais est nécessaire pour la production végétale », martèle Dr. Ndour.

Saër DIAL

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