Diaspora/envoi des migrants : les transferts devraient dépasser les 550 milliards d’USD en 2019 – soit 20 milliards de plus par rapport à 2018

La Journée internationale des envois de fonds à la famille est l’occasion de rappeler qu’une personne sur neuf dans le monde subvient à ses besoins grâce aux envois de fonds des travailleurs migrants

Communiqué : Les fonds envoyés par les travailleurs migrants à leur famille devraient dépasser les 550 milliards d’USD en 2019 – c’est-à-dire 20 milliards de plus par rapport aux 529 milliards de l’année dernière – a déclaré aujourd’hui Gilbert F. Houngbo, Président du Fonds international de développement agricole (FIDA).

Dans un message publié à l’occasion de la Journée internationale des envois de fonds à la famille organisée par les Nations Unies, célébrée chaque année le 16 juin, M. Houngbo a fait remarquer que les sommes envoyées par les 200 millions de travailleurs migrants du monde entier sont trois fois plus importantes que l’aide publique au développement et supérieures à l’investissement étranger direct. Ce chiffre est d’autant plus impressionnant qu’il représente à peine 15% des revenus des travailleurs migrants, puisque les 85% restants demeurent dans les pays d’accueil.

« Derrière les chiffres, il y a des fonds individuels de 200 ou 300 USD que les migrants envoient régulièrement chez eux afin de permettre aux membres de leur famille, soit à 800 millions de personnes, de subvenir à leurs besoins immédiats et de se bâtir un avenir meilleur dans leurs pays d’origine. La moitié de ces flux monétaires sont expédiés vers les zones rurales, c’est-à-dire là où l’on en a le plus besoin », a dit M. Houngbo.

Si la tendance actuelle se poursuit, les familles des pays en développement devraient recevoir 8 500 milliards d’USD au cours des 15 années du Programme de développement durable à l’horizon 2030. D’ici là, on estime que plus de 2 000 milliards d’USD (soit 25% en moyenne des fonds reçus) auront été épargnés ou investis. Utilisés efficacement, les envois de fonds, peuvent avoir un effet démultiplicateur sans précédent sur le développement durable.

« Les pouvoir publics, les autorités responsables de la réglementation et le secteur privé ont un rôle important à jouer, s’agissant de tirer parti des effets de levier de ces flux monétaires et d’aider ainsi près d’un milliard de personnes à réaliser leurs objectifs de développement durable d’ici 2030 », a ajouté M. Houngbo.

La moitié des flux financiers étant destinés aux zones rurales des pays en développement, le FIDA s’emploie depuis de longues années à ce que les envois de fonds aient davantage d’impact sur le développement. Cette contribution essentielle des travailleurs migrants est également reconnue dans le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, adopté en décembre 2018.

 

Les envois sont des fonds personnels qui sont transférés par des canaux privés et présentent un intérêt croissant pour le secteur privé, tant comme moteur de l’activité commerciale que comme outil de développement. Des initiatives ont été prises à l’échelle mondiale pour rapprocher le coût des envois de fonds de l’objectif de 3% fixé dans l’objectif de développement durable correspondant (ODD 10).

L’établissement de liens entre ces flux et les services financiers et, en conséquence, l’introduction de millions de personnes dans le secteur financier, est l’une des plus grandes possibilités de développement qu’offrent les envois de fonds.

« Au cours des dix dernières années, le FIDA a investi dans 40 pays, grâce à plus de 60 projets qui visent à optimiser l’impact des envois de fonds sur le développement au profit des familles et des communautés » a déclaré Paul Winters, Vice-Président adjoint du FIDA, lors d’une cérémonie tenue aujourd’hui au siège des Nations Unies à New York pour célébrer la Journée internationale et sa campagne #FamilyRemittances2030.

« Un meilleur accès aux envois de fonds et une meilleure utilisation de ces derniers par les familles via les institutions financières rurales a entraîné des retombées positives dans les régions rurales en permettant à de nombreux bénéficiaires privés de services bancaires d’accéder au secteur financier officiel. En profitant de cet effet inclusif, les familles peuvent désormais utiliser les envois de fonds comme garantie et accéder à des produits financiers tels que l’épargne, le crédit et l’assurance », a-t-il ajouté.

« En fait, il est légitime de penser que, dans les zones rurales pauvres, les envois de fonds peuvent contribuer à faire de la migration un choix plutôt qu’une nécessité pour un grand nombre de jeunes comme pour les générations futures. »

 

Dieyna SENE
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