Dialogue interreligieux : Fervent catholique, Marcel Mendy, très ému par un poème du guide musulman Khadimou Rassoul dédié à la vierge Marie

Le journaliste-écrivain sénégalais Marcel Mendy, de confession catholique, dit avoir été saisi d’une vive émotion à la lecture d’un poème dédié par l’érudit musulman Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927) à Marie, la mère du Christ.
Auteur d’une biographie du cardinal Théodore Adrien Sarr, ex-archevêque de Dakar, « Théodore Adrien Sarr. Soldat de la paix » (L’Harmattan-Sénégal, 2013), mais aussi du recueil de poèmes « Pétales noirs » paru cette année chez L’Harmattan-Sénégal, Marcel Mendy a également écrit des essais, dont « La longue marche du Sopi », un ouvrage consacré à la conquête du pouvoir par le Parti démocratique sénégalais, la formation politique de l’ex-président Abdoulaye Wade.

« En lisant +Futzi+, un poème que Serigne Touba (surnom donné par ses disciples à Cheikh Ahmadou Bamba, Ndlr), de vénérée mémoire, a consacré à Marie, la mère de Jésus, j’ai apprécié la dimension œcuménique de ce géant du sacré », écrit Mendy sur sa page Facebook.

Le poème du fondateur de la confrérie des mourides, à l’origine de l’émotion ressentie par ce fidèle catholique, a été publié par le journal sénégalais « Le Quotidien », dans son numéro du jeudi 1er juin 2017 (page 11).

Marcel Mendy  qui en 2006, a publié « La violence politique au Sénégal, 1960-2003, Edition Tabal et Book Emissaire), estime que Cheikh Ahmadou Bamba a, par ce poème, « fait (…) du dialogue interreligieux un chemin vers Dieu, un canevas pour la paix entre les hommes ».

« Quel bel exemple au monde ! » s’exclame-t-il sur sa page Facebook. « J’ai eu le frisson à sa lecture (à la lecture du poème +Futzi+, Ndlr), tellement qu’il est d’une beauté rare », s’enthousiasme Marcel Mendy.
Il tient à préciser que « la cohabitation harmonieuse entre musulmans et chrétiens au Sénégal ne relève pas d’une génération spontanée ».  Au Sénégal, l’harmonie entre ces deux communautés religieuses au Sénégal « a été l’œuvre d’hommes de foi animés de bonne volonté » et « Cheikh Ahmadou Bamba l’a acté avec éloquence dans son poème dédié à Marie, donnant ainsi en exemple son œcuménisme comme un rempart contre l’extrémisme, ce fléau des temps actuels. Assurément, Bamba était en avance sur nous », analyse Mendy.

A son avis, les autorités sénégalaises doivent du reste inclure dans les programmes scolaires les écrits des hommes religieux, y compris ceux du fondateur du mouridisme.

« Bamba était en avance sur nous »

« Des textes d’une telle beauté devraient être inscrits dans les programmes scolaires et enseignés dans nos lycées et collèges, compte tenu de leur contenu didactique, au-delà de leur valeur esthétique », suggère-t-il.

« Très franchement, et toutes proportions gardées, des poètes de la trempe de Bamba n’ont rien à envier à ceux qui peuplent nos manuels et qui, souvent, nous éloignent de nos réalités socioculturelles », déclare Marcel Mendy.

L’harmonie entre ces deux communautés religieuses « a été l’œuvre d’hommes de foi animés de bonne volonté » et Cheikh Ahmadou Bamba l’a acté avec éloquence dans son poème dédié à Marie, donnant ainsi en exemple son œcuménisme comme un rempart contre l’extrémisme, ce fléau des temps actuels », analyse Mendy. « Assurément, Bamba était en avance sur nous. »
Le journaliste-écrivain a assuré la coordination du service de la communication des Chambres africaines extraordinaires, le tribunal spécial sénégalais qui a condamné l’ex-président tchadien, Hissein Habré, à la prison à vie, le 27 avril dernier, à Dakar.
Source APS

Dieyna SENE
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