Crise scolaire La solution à deux étapes d’un sociologue

Une solution à la crise scolaire suppose dans un premier temps l’ouverture de larges discussions ou concertations entre les différents acteurs, non pas pour trouver une solution à la crise, mais pour revoir en profondeur l’école sénégalaise et son mode de fonctionnement », a déclaré un sociologue, lors d’une conférence publique portant sur cette problématique.

Le sociologue Djiby Diakhaté a préconisé, hier lundi à Kaolack (centre), l’ouverture de ’’larges concertations’’ des acteurs de l’école, préalable à une solution à la crise scolaire, qui passe selon lui par une rupture avec le type d’école hérité de la colonisation.

« Pour trouver des solutions aux problèmes de l’école, il va falloir s’asseoir non pas pour gérer une crise, mais pour gérer l’école en question », a-t-il préconisé au cours de cette rencontre portant sur la crise scolaire et universitaire au Sénégal.

La première étape

« Si on veut régler de façon durable la crise qui sévit à l’école, il faut qu’en dehors de la crise, qu’il y ait des mécanismes de consultations et de concertations qui fonctionnent avec tous les acteurs impliqués’’, a indiqué le sociologue.

Selon lui, « les problèmes de l’école sont le reflet des problèmes de la société sénégalaise ». « En réalité, a-t-il fait savoir, nous sommes en face d’une société qui est en crise, d’une société qui cherche encore ses repères et les fondamentaux sur lesquels elle doit asseoir son développement ».

En conséquence, « l’école est plus ou moins feuilletée avec ces tergiversations que traverse la société sénégalaise. L’école est feuilletée, à chaque fois qu’il y a des compétitions politiques ou des secousses sur le plan économique », a analysé Djiby Diakhaté, selon qui « les problèmes de la société sont les problèmes de l’école ».

L’étape fondamentale

Une fois ces concertations organisées, une « étape fondamentale pour sortir de cette crise », passe par « une rupture avec l’école coloniale », celle héritée de la colonisation, a-t-il fait valoir.

« L’école qui fonctionne actuellement au Sénégal, n’est pas une école sénégalaise, c’est une école qui relève d’un héritage colonial laissé par le colonisateur », a-t-il soutenu.

Si l’on en croit le sociologue, le modèle d’école hérité de la colonisation française « fonctionne sur la base des préoccupations de l’économie de traite des colons » français.

« De ce fait, si on veut aller vers une rupture, il va falloir dire que nous voulons une nouvelle école, une école qui reflète le type de Sénégalais que nous voulons former, une école qui soit au service des besoins de développement du pays », a-t-il dit.

Cette conférence publique est une initiative du Syndicat autonome pour le développement de l’éducation et de la formation (SADEF). Elle s’est déroulée en présence des acteurs de l’école, de partenaires et de parents d’élèves.

L’inspecteur d’académie (IA) de Kaolack, Alioune Ndiaye, y avait également pris part.

Source APS

Momar Diack SECK
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