Crise migratoire : HSF liste les failles collectives de sa mauvaise gestion et alerte sur les risques d’une nouvelle guerre en Libye

La Journée internationale du migrant, célébrée ce lundi 18 décembre 2017, a été une occasion saisie par l’organisation de défense des migrants Horizon Sans Frontières (HSF) à Dakar, pour passer en revue les graves manquements de la gestion du flux migratoire et le manque de vision stratégique et diplomatique de la plupart des états africains.

Boubacar Sèye, le président de HSF, structure qui se positionne pour la défense, l’intégration des migrants sans distinction de race, d’origine, équidistant et apolitique a d’abord rendu un hommage ses fidèles compagnons dans cette lutte inlassable pour la cause des migrants: la presse nationale et internationale.

Entouré des membres de leurs organisation et de quelques Sénégalais rapatriés des USA, Boubacar Sèye a largement décortiqué l’actualité migratoire, avec « sa gestion des flux, devenue un des plus grands défis de nos états »…

« En trois ans, plus de 18500 morts ont été notés avec  comme effets sous-jacents, des trafics de drogues, d’organes et d’êtres humains. Oui ! A-t-il martelé, le trafic d’organe est rarement évoqué, alors qu’il est plus que présent dans cette crise où le trafic d’être humain et l’esclavage dominent l’actualité ».

« On dénombre presque quotidiennement des morts, alors qu’on ne situe ni leurs corps, ni leurs origines ! C’est bon d’édifier les populations sur les lieux où ils sont enterrés, ce que deviennent les migrants déclarés morts ! » a-t-il insisté.

Mais, le pire selon toujours Boubacar  Sèye, est qu’on semble s’acheminer vers une grande une insécurité, pouvant même entraîner la déstabilisation du continent africain avec les amalgames entretenus  sur la Libye.

« Les milices sont responsables de la plupart des crimes cités, mais pas l’état libyen. Il ne faut pas à tort leur coller ces trafics et autre esclavage. La France se concerte avec des pays africains pour une nouvelle intervention en Libye. Or, on ne règle pas une crise sociale par les armes, ce serait approfondir ce chaos qui existe déjà. Et, à l’analyse on peut constater que le 1/3 des guerres à travers le monde se déroule dans les pays producteurs de pétrole, d’énergie…alors que ce taux n’était que de 1/5 vers les années 1960. C’est pourquoi une intervention militaire serait la porte ouverte à tous dangers pour le continent. Car, demain à qui le tour ? » a-t-il averti

C’est aussi pourquoi il n’a pas hésité dans son message à interpeller les Nations Unies sur cette volonté qui découle selon lui, d’un échec culturel et d’intégration des migrants, pour les pays comme la France.

L’autre aspect sur lequel il a beaucoup insisté a aussi été la faiblesse stratégique et diplomatique des états africains presque impuissants devant le phénomène migratoire. Beaucoup de financements ont été octroyés pour freiner l’émigration, sans succès, sans traçabilité. « A qui profite ce crime et jusqu’à quand ? » Semble-t-il se demander…

Momar Diack SECK
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