Coup d’état déjoué au Burkina Une trentaine d’anciens militaires projetaient de renverser le régime, d’après un ministre

Une trentaine de militaires de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) projetaient de renverser le régime du président du Faso Roch Marc Christian Kaboré, a annoncé ce vendredi à Ouagadougou, le ministre en charge de la Sécurité intérieure Simon Compaoré.
«C’est ainsi que plusieurs réunions ont été tenues à Ouagadougou et dans d’autres garnisons pour échafauder la manœuvre», a déclaré le ministre Compaoré, lors d’un point de presse.

Il a expliqué que l’objectif de ce groupe d’environ 30 hommes, composés essentiellement de sous-officiers et de militaires de rang de l’ex-RSP était d’attaquer la caserne de gendarmerie de Paspanga, au centre-ville de Ouagadougou.

Selon Simon Compaoré, les présumés putschistes projetaient de s’attaquer à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA), la prison militaire de Ouagadougou et la présidence du Faso.

En outre, ils devaient «séquestrer certaines autorités, s’attaquer au palais présidentiel de Kosyam pour prendre le pouvoir par les armes», a confié le ministre Compaoré avant d’ajouter que «l’opération devrait avoir lieu le samedi 8 octobre dernier à minuit».

Le plan B des présumés putschistes, toujours selon Simon Compaoré, consistait à créer des mutineries le dimanche 9 octobre 2016 dans les casernes à l’intérieur du pays et le Plan C à la mise en place d’une rébellion.

A la date d’aujourd’hui (21 octobre), selon le ministre, 32 militaires ont été entendus, 19 d’entre eux ont été gardés à vue et les 10 autres présentés au commissaire du gouvernement.

Dans le cadre de l’enquête liée à cette affaire, des civils au nombre de dix, auraient été également entendus et des armes saisies.

« Les investigations se poursuivent et d’autres interpellations et saisies ne sont pas à exclure dans les jours à venir», a assuré Simon Compaoré, ajoutant qu’une personne

considérée comme le cerveau de l’opération, en l’occurrence l’adjudant-chef Coulibaly Gaston, est activement recherchée.

Cette tentative de déstabilisation du Burkina Faso a été dévoilée, suite à l’altercation entre des gendarmes et des suspects appréhendés le 8 octobre dernier au pont de Nazinon, à environ 150 km au Sud de Ouagadougou.

Ce jour-là, rapporte le ministre, le poste de gendarmerie de Pô, a intercepté au cours d’un contrôle de routine, quatre individus qui avaient des comportements suspects.

«Au cours de leur transfèrement pour une vérification approfondies d’identité, ils ont tenté de retirer les armes des gendarmes. Pendant la lutte, deux d’entre eux ont trouvé la mort et un gendarme a reçu une balle dans le ventre», a relaté le ministre.

D’aprés auditions menées à l’issue de ce forfait, les quatre suspects sont des militaires de l’ex-RSP dont trois sont des déserteurs recherchés pour leur participation dans l’attaque de la poudrière de Yimdi en janvier 2016.

Ils s’étaient réfugiés dans un pays voisin.

Source Apanews

Momar Diack SECK
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