Cote- D’Ivoire: Simone Gbagbo condamnée à 20 ans de réclusion

La justice ivoirienne a condamné mardi l’ancienne première dame de Côte d’Ivoire Simone Gbagbo à vingt ans de prison. Le parquet avait requis dix ans d’emprisonnement pour son rôle dans les violences post-électorales qui ont fait quelque 3000 morts en 2011.

Après plus de neuf heures de délibération, le jury a retenu toutes les charges retenues contre la « dame de fer », dont celles de constitution de bandes armées, d’atteinte à la sécurité de l’Etat, de participation à un mouvement insurrectionnel et de trouble à l’ordre public. Il a assorti sa peine de prison de dix ans de privation des droits civiques.

Surnommée « la dame de fer » ivoirienne au temps où son mari Laurent était au pouvoir, Simone Gbagbo a accusé le coup à l’énoncé du verdict, son visage se durcissant. Elle est « un peu affectée », a déclaré son avocat.

Dizaines de personnes jugées
Michel Gbagbo, le fils de l’ex-couple présidentiel, a écopé pour sa part de cinq ans de prison. Plusieurs autres anciens responsables ivoiriens se sont vus infliger de lourdes peines, dont l’ancien chef de la Garde présidentielle, le général Dogbo Blé, condamné lui aussi à 20 ans de prison.

Au total, 79 personnes étaient jugées pour leur rôle dans la crise postélectorale de 2010-2011. Elle avait été causée par le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire de l’actuel chef de l’Etat Alassane Ouattara à l’élection présidentielle de novembre 2010.

Escadrons de la mort
L’ex-première dame, 65 ans, est un personnage politique très clivant en Côte d’Ivoire. Elle a été autant respectée pour son parcours dans l’opposition que redoutée dans son rôle de « présidente » à poigne, souvent accusée d’être liée aux « escadrons de la mort » contre les partisans de M. Ouattara, qu’elle a toujours honni.

Le 23 février, Simone Gbagbo s’était livrée à une diatribe enflammée contre le régime ivoirien actuel et contre la France. Selon elle, Paris a soutenu l’actuel chef de l’Etat ivoirien.

Invitée lundi après-midi à livrer ses derniers mots à la barre, la très dévote ancienne première dame a fait plusieurs références à la Bible. Elle a déclaré « pardonner » à la partie adverse ses « injures ».

Simone Gbagbo est, tout comme son époux, accusée de « crimes contre l’humanité » par la Cour pénale internationale. Mais alors que Laurent Gbagbo comparaîtra à La Haye en juillet, Abidjan refuse le transfèrement de Madame à la CPI au motif que la justice ivoirienne est en mesure de la juger équitablement.

Source Romandie

Oumou Khaïry NDIAYE
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