Contrôle et surveillance des frontières Le Sénégal et l’Union européenne inaugurent de nouveaux postes

Communiqué: Le gouvernement du Sénégal et l’Union européenne ont procédé ce jour, à l’inauguration de nouveaux postes frontières à Kidira et Bakel. Ces constructions sont exécutées dans le cadre du projet d’appui à la gestion des frontières financé par l’Union européenne (UE). Cette initiative vise à améliorer les capacités des services de l’Etat en charge, tels que la Police, la Gendarmerie, et les Douanes mais aussi les services phytosanitaires et vétérinaires notamment, pour d’une part entraver les passages illicites de trafiquants, terroristes ou autres criminels et d’autre part pour faciliter les passages licites des riverains des communautés transfrontalières et des commerçants.

La cérémonie a eu lieu en présence du Gouverneur de Tambacounda El Hadj Bouya Amar et l’attaché pour les questions de sécurité intérieure de la Délégation de l’Union européenne au Sénégal, Antoine Gouzée de Harven. Le Chef de Secteur de la Police de l’Air et des Frontières, le Lieutenant Meissa Mbaye, le Colonel Diémé des Douanes, ainsi que l’Inspecteur de l’Administration Territoriale et Centrale du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Amadou Dème étaient également présents.

Cette inauguration intervient quelques mois après celle du nouveau poste-frontière de Dagana, de l’extension de celui de Diama et du réaménagement du poste-frontière de Rosso. Au total, ce sont donc 9 postes qui seront construits ou rénovés aux frontières avec la Mauritanie et le Mali dans les localités de Podor, Gourel Oumar Ly, Dembankané et Barkewy.

Doté d’un budget de près de 2 milliards FCFA, le projet d’appui à la gestion des frontières est mis en œuvre par l’Organisation Internationale pour les Migrations avec le concours d’experts français et espagnols. Il est coordonné par le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, en partenariat avec la Primature, le Ministère des Forces Armées, le Ministère de l’Economie et des Finances et le Ministère de la Santé.

Ce projet a vu le jour dans le sillon de l’adoption en 2012 de la stratégie nationale de gestion des frontières développée au travers d’une consultation entre toutes les parties prenantes sénégalaises avec l’appui de l’UE. Dans le même esprit, le projet cherche à promouvoir la gestion intégrée des frontières.

Ce concept né dans le cadre du processus de suppression des frontières physiques au sein du territoire de l’UE implique une collaboration et une coordination à quatre niveaux : entre le service à la frontière et l’administration centrale ; entre les différents services à la frontières ; avec les services transfrontaliers et à l’internationale. Une telle coopération au départ difficile du fait d’une habitude de travailler en silo permet à terme une utilisation optimale des différentes ressources pour une efficacité maximale dans la gestion, le contrôle et la surveillance des frontières.

Dans cette optique, les infrastructures construites ou réhabilitées par ce projet de coopération prévoient la cohabitation des différents services de police, de douane, de gendarmerie et autre avec chacun un bureau et des quartiers d’habitation mais au sein d’un seul et même établissement.

Le projet contribue également à renforcer les procédures de contrôle des entrées et des sorties aux frontières ; à améliorer la collecte d’information pour les besoins d’analyse et à renforcer le partage de renseignement dans le cadre de la coopération sécuritaire avec la Mauritanie et le Mali. Afin de faciliter les passages des riverains qui effectuent des passages quotidiens, le projet développe également un système avancé de contrôle utilisant la biométrie.

L’atteinte de ces objectifs est assortie de mesures telles que le développement de nouvelles méthodologies et procédures, la mise en place et la délivrance de nouvelles formations, ainsi que part la fourniture d’équipement mobile, technique et bureautique.

Les autorités présentes ont mis l’accent sur la priorité pour le Sénégal de renforcer le contrôle et la surveillance de ses frontières « dans un contexte sous-régional marqué par le terrorisme, le crime organisé et les trafics en tout genre, notamment le trafic de migrants ». Antoine Gouzée de Harven,  représentant de l’UE à la cérémonie a déclaré : « dans un environnement où les menaces auxquelles le Sénégal doit faire face sont de plus en plus prégnantes, le pays doit se protéger en assurant un contrôle et une surveillance accrus de ses frontières tout en entravant le moins possible les mouvements licites nécessaire à sa population et à son commerce : c’est cette démarche que ce projet se donne pour objectif d’appuyer ».

Momar Diack SECK
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