Centre de santé de Hann bel Air : ‘’Je vais porter plainte contre Babacar Mbengue pour diffamation’’, assène Dr Mbaye Faye

Extraits d’un entretien avec ‘’Enquête’’

Selon le maire, il y a plus de 10 millions dépensés que vous n’arrivez pas à justifier ?

Le médecin-chef du centre de santé, du district ou de poste de santé ne gère pas les recettes. Il faut qu’on l’explique bien aux populations. Dans les centres de santé, postes et districts, il y a des comités de santé. Le comité de santé est régi par la loi 92-07 qui régit le fonctionnement des comités de santé.

Ce comité est formé de quatre membres : il y a un président et son adjoint, le trésorier et son adjoint et deux commissaires aux comptes. Il est écrit dans ce document que c’est le président du comité de santé qui ordonne les dépenses, le trésorier est dépositaire des fonds et le médecin-chef garde le chéquier. Le rôle du médecin dans le centre, c’est d’orienter le plan d’action pour la résolution des problèmes de santé, d’organiser des activités sanitaires, assurer le lien entre la population et la formation sanitaire, assister le président dans la mobilisation sociale (…).

Mais dans le rapport, il est noté que le relevé bancaire mis à la disposition des enquêteurs ne reflète pas les recettes réelles collectées ?

Les relevés bancaires que je reçois, c’est le comité qui me les donne. Le maire est le président du comité de gestion. Depuis son installation en 2011, il n’a jamais convoqué une réunion du comité de gestion.

Donc, s’il parle de détournement, lui-même il est impliqué, parce qu’il est le président. Quand je fais la situation financière, le trésorier verse aux comptes et m’amène les bordereaux. Je les garde. Il a fait un audit. Alors qu’il ne devait pas le faire. C’est moi qui suis allé dans son centre pour lui dire de venir jouer son rôle de maire et de président du comité de gestion. Il m’a dit qu’avant de mettre de l’argent dans le centre, il faut faire un audit.

Le maire a dit que vous lui envoyez des factures de 1000 F pour achat de thé ou 2000 francs pour des pastèques sur des bouts de papier.

Il vous a leurrés. Les pastèques et les crédits dont vous parlez, c’étaient des journées de vaccination. Il y a une clef de répartition dans le centre qui a été signée par Abdou Fall, en 2005. Pour les recettes, on a dit que 25% sont destinés à la motivation des ASP recrutés par le comité et 20% pour la motivation du personnel. Il y a aussi des rubriques 20% pour le comité, 5% pour la formation, ainsi de suite. Au niveau des médicaments aussi, il y a une clef de répartition de renouvellement de stock pour qu’il n’y ait pas de rupture au niveau de la pharmacie.

Le maire Babacar Mbengue vous a également traité d’agent commercial parce que, dit-il, vous faites deux consultations et la troisième, vous faites payer 7 000 francs au patient. Pourquoi vous le faites ?

C’est extrêmement grave. Quand j’ai acheté hier le journal (avant-hier), j’ai lu ses propos. Je le cite : ‘’On nous dit qui il est : il vous fait deux consultations et la troisième consultation, il vous fait payer 7 000 francs. C’est ça le social ? C’est un agent commercial.’’

Dès aujourd’hui, je l’amène à mon avocat et au Président de l’Ordre des Médecins. Je vais l’attaquer en justice pour ça. Le ticket de 7 000 mille francs n’existe même pas chez nous. Je n’ai jamais pris l’argent d’un malade. Je donne mon argent aux malades.

Au contraire, je me bats contre ceux qui prennent l’argent des malades au laboratoire, à la maternité, à la salle de soins, d’injection. J’ai même fait des affiches au centre, parce qu’il y a beaucoup de corruption dans le système sanitaire. Mais je vais porter plainte et s’il dit qu’il ne l’a pas dit, c’est au journal, à celui qui a écrit que je vais adresser la plainte.

Source ‘’Enquête’’

Momar Diack SECK
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