CEDEAO Un grand pas vers la réduction et l’élimination de l’apatridie en Afrique de l’Ouest

Après deux journées de consultations de haut-niveau les 23 et 24 février, les Etats membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont adopté hier jeudi, une Déclaration sur la prévention, la réduction et l’élimination de l’apatridie en Afrique de l’Ouest lors d’une conférence ministérielle HCR/CEDEAO accueillie par le gouvernement de Côte d’Ivoire.

Selon le communiqué, au moins 750 000 personnes sont apatrides ou à risque d’apatridie dans la région et tombent souvent dans un vide juridique, ont un accès limité à l’éducation, à la santé et au travail. Ils sont aussi vulnérables aux discriminations et aux abus car ils n’ont pas d’existence juridique et ne sont pas reconnus aux yeux de la loi.

Le président de Côte d’Ivoire, son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, le Haut-Commissaire du HCR António Guterres et le Vice-président de la Commission de la CEDEAO Dr. Toga Gayewea Mcintosh avaient ouvert la Conférence ministérielle sur l’apatridie en Afrique de l’Ouest ce mercredi 25 février 2015 à Abidjan – la première du genre en Afrique.

« Je demeure convaincu que seule une véritable coopération internationale peut permettre de réduire considérablement l’apatridie dans nos pays. C’est ensemble que nous pouvons arrêter des solutions inspirées des traités internationaux, pour mettre fin à ce fléau dans un délai de dix ans », a souligné le Président Ouattara lors de la conférence.

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies  pour l’Afrique de l’Ouest, Dr. Mohamed Ibn Chambas, ainsi que la Commissaire aux affaires politiques de l’Union Africaine, Dr. Aisha Abdullahi, ont aussi prononcé des discours d’ouverture.

La conférence a réuni des Ministres de la Justice, de l’Intérieur et des Affaires étrangères des 15 Etats membres de la CEDEAO, ou leurs représentants, responsables, entre autres, de questions de nationalité.

«  La plupart prennent pour acquis le fait d’avoir une nationalité, mais pour ceux qui n’en ont pas, ou qui ne peuvent pas la prouver, il s’agit souvent d’une condamnation à une vie de discrimination, de frustration et de désespoir » a dit M. Guterres.

D’après toujours le communiqué, des représentants d’organisations internationales notamment l’Union Africaine et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples étaient également présents ainsi que des agences de l’ONU, l’Organisation Internationale de la Migration, des représentants de la société civile, des institutions nationales des droits de l’homme, des universitaires et des experts internationaux.

« L’apatridie est une question qui ne porte pas seulement sur l’humanité et la dignité de milliers de personnes mais aussi sur la paix et la sécurité dans la région » a déclaré le Vice-président de la Commission de la CEDEAO, Dr. Mcintosh.

La Déclaration contient 25 engagements et souligne, entre autres, la nécessité pour les Etats de la région de la CEDEAO d’obtenir tout d’abord des informations concrètes sur les causes de l’apatridie, le nombre et le profil des personnes apatrides dans la région.

Le texte met aussi l’accent sur l’importance de s’assurer que chaque enfant acquiert une nationalité à la naissance et que tous les enfants trouvés  soient considérés comme nationaux de l’Etat dans lequel ils sont recueillis.

La Déclaration se concentre aussi sur le besoin d’assurer aux  hommes et aux femmes des droits égaux pour acquérir, changer ou conserver leur nationalité ou transmettre leur nationalité à leurs enfants.

Ce texte souligne aussi l’importance de protéger les personnes apatrides en restaurant leur dignité et, en particulier, en leur fournissant une identité et des documents. Il invite les Etats membres qui ne l’ont pas encore fait à adhérer au plus tôt à la Convention de 1954 relative au statut des personnes apatrides ainsi qu’à la Convention de 1961 sur la réduction de l’apatridie. Cette conférence s’inscrit dans le contexte de la campagne mondiale du HCR #IBelong pour éradique l’apatridie d’ici à 2024.

Dans ses remarques de clôture, le Haut-Commissaire a affirmé que l’Afrique de l’Ouest est connue à travers le Monde pour sa grande hospitalité.   M. Guterres a aussi reconnu qu’en définitive, le concept d’ « appartenance » va au-delà des textes juridiques et des pièces d’identité, et nécessite la volonté politique de promouvoir la tolérance et l’acceptation de l’autre, l’espace social et humain où tous les membres de la société peuvent être reconnus et à laquelle ils peuvent contribuer, et appartenir».

Oumou Khaïry NDIAYE
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