Business du sexe dans l’internet: quand le prix de la « passe » se négocie en ligne

Aujourd’hui, la prostitution clandestine via  l’internet a atteint des proportions insoupçonnées dans notre société. Les jeunes filles et les femmes « driankés » investissent les sites de rencontre à la recherche de clients avec qui, passer d’intenses moments de plaisir en échange d’une somme d’argent assez consistante. Pour attirer l’attention des adeptes de la « bonne chair », elles mettent des photos très « sexy » dans leur profil avec des messages provocateur comme : « je veux trouver l’amour avec quelqu’un », « Sentir la chaleur d’un homme entre mes  …… ».

De belles photos provocantes sur les profils pour appâter les hommes !

Les sites de rencontre sont aujourd’hui les plus visités par les filles et les femmes en âge mûr qui y passent des heures pour échanger avec les hommes à la recherche de « bonne chair ». Elles mettent leurs images très « sexy » dans leur page en rubrique « photos publiques » et celles qui sont très choquantes sont versées dans la rubrique « photos privées » où elles peuvent même être nues. Ces images poussent certains hommes à s’attarder sur leur profil pour se rincer les yeux. Ces jeunes filles restent connecter  jusqu’à des heures tardives pour discuter avec des hommes. Et ces discussions se terminent par des échanges de numéros de téléphone en vue de  fixer l’endroit où la rencontre doit se faire.

«Aujourd’hui, les sites de rencontre, sont devenus des espaces de promotion de la prostitution clandestine. Je suis inscrit dans un site de rencontre qui enregistre un nombre impressionnant de jeunes filles et femmes. Elles publient des photos très « sexy » dans leur page. Je suis tombé sur une fille qui a publié sur sa page de belles photos avec des habits très « sexy ».

J’ai commencé à échanger avec elle  mais elle faisait semblant de m’ignorer. Finalement, elle a accepté de répondre. Après une bonne dizaine de minutes, elle me dit qu’elle s’est inscrite dans le site pour chercher de l’argent. Ainsi elle m’a donné son numéro en me disant que si je dispose de 10 000 F Cfa, on peut se retrouver à l’auberge ou un lieu de mon choix pour passer de bons moments   », confie M. S, un inscrit d’un site de rencontre.

Un autre habitué des sites de rencontre de témoigner : «  Je me suis inscrit sur deux sites de rencontre pour draguer des filles.  Ces sites constituent des espaces de  prostitution déguisée où les jeunes filles cherchent en longueur de journée des clients. Elles sont nombreuses à investir les sites pour exercer le plus vieux métier. J’ai connu une étudiante par le biais du  site, elle m’a dit qu’elle a mangé l’argent de sa scolarité et une de ses copines lui a suggéré de s’inscrire dans le site pour chercher des hommes avec qui, passer de bons moments moyennant beaucoup d’argent. On est parti dans une auberge de la place pour entretenir des relations sexuelles moyennant 7000 F CFA. L’étudiante m’a dit que je suis cinquième client mais elle n’est pas une prostituée, elle est simplement dans le besoin ».

Votre fidèle serviteur a tenté l’expérience avec un site de rencontre très célèbre. Nous avons choisi 21 heures, et à cette heure, un nombre impressionnant de filles sont en ligne.

Nous sommes tombés sur une panoplie de photos de jeunes filles mais aussi de femmes de la quarantaine sonnée. Elles rivalisent de port vestimentaire « sexy ». Nous avons commencé à envoyer des messages mais la pêche n’a été fructueuse au début. Plus que l’heure avance, les choses commencent à bouger de manière extraordinaire avec des réponses qui inondent notre boîte de réception.

Nous avons choisi une belle nymphe qui écrit : « Je veux m’évader avec un homme de 20 à 50 qui sait faire j ……. une femme ».

Les belles photos de la fille ne laissent personne indifférent.

Nous lui envoyons un premier message qu’elle a royalement ignoré mais avec notre instance, elle a fini par engager la conversation.

Lorsqu’on lui demande : « Qu’est ce que vous faites dans la vie ? ».

Elle répond : « Je suis là pour chercher de l’argent en échange de procurer du plaisir aux hommes ».

Elle avance qu’elle est prête à une partie de jambes en l’air moyennant 20 000 F CFA avec possibilité de marchandage.

Une fois, l’accord conclu, elle donne son numéro en disant : « Je ne  me prostitue pas mais je suis dans le besoin et je n’ai personne à qui demander de l’aide. J’ai trouvé mieux de m’inscrire sur ce site pour pouvoir trouver des hommes pour des aventures en vue d’arrondir les angles. Tu peux venir chez moi, j’ai une chambre à Fadia où on pourra passer de bons moments sans être gênés ».

Une fois à Fadia, nous avons joint notre interlocutrice qui était au balcon en train de guetter notre arrivée.

Elle nous invite au 2 éme étage dans un studio modestement aménagé et équipé. Un matelas  au sol sert de lit à la fille.

« Je me suis inscrite sur ce site pour faire des rencontres avec des hommes qui cherchent des aventures. Dans ces sites, c’est très facile de se taper des hommes très nantis qui souhaitent passer de bons moments loin des regards indiscrets. Je ne suis pas une prostituée mais c’est dés que je suis financièrement fauchée que je m’adonne à cela qui me rapporte beaucoup. Je suis couturière de profession », confie la fille.

Elle poursuit : « Je me connecte avec mon portable de dernier cri. C’est vers la nuit que les gens investissent le site en grand nombre. Beaucoup d’hommes connus par le biais du site sont venus ici passer de bons moments avec moi. « Damay Defar Bamou Teup». Habillée d’un Jeans Legging mettant en valeur toute sa forme physique, la jeune fille a des rangées de ceintures en perles autour des reins. Avec son style « Pathial » mettant en avant sa grosse poitrine, elle nous invite de passer aux choses sérieuses car elle attend d’autres visites d’hommes connus via le net.

Filles et femmes étrangères très présentes dans les sites de rencontre

Les sites de rencontre enregistrent beaucoup de filles et femmes étrangères qui s’adonnent à la prostitution clandestine. La plupart du temps, ce sont des étudiantes et des femmes commerçantes qui sont présentes en terre sénégalaise.

« Ma présence au Sénégal s’explique pour des raisons d’études. Cependant les temps sont durs, je suis obligée parfois de me  connecter au site à la recherche d’hommes en quête d’aventure. L’argent que je gagne, me sert de payer mon loyer et subvenir à mes besoins. C’est avec les membres inscrits au site que je passe de bons moments », confie Julie, une fille de nationalité ivoirienne.

Contrairement à Andréa, sa copine Jessy est nigériane, elle  parle anglais et s’exprime très mal en français.

A partir de son ordinateur portable, elle nous a montré son profil sur un site de rencontre avec de belles photos où elle exhibe ses jambes et ses seins pour appâter les hommes.

« Je suis ici au Sénégal pour vendre des tissus, des « gagnila », des « thioup », du kaolin ainsi que des produits de dépigmentation. Le matin, je pars au marché malien de la gare pour vendre mes marchandises. Et le soir, j’écarte mes jambes pour me faire de l’argent. Je ne suis pas une prostituée de  profession mais c’est pour se faire un peu d’argent pour vivre », confie Neema, une femme malienne.

Le prix de la « passe » plus élevé chez les étrangères contrairement aux sénégalaises dont certaines d’entre elles mettent parfois la barre très haute, 15000 F, 20000 F et 30000 F Cfa.

« Je  mets mes clients dans un cadre luxueux, donc il faut eux aussi qu’ils mettent la main à la poche. Je dis aux gens qui veulent entretenir des relations sexuelles avec moi de débourser 15000 F CFA. Je leur fais venir  dans un appartement  très luxe et après avoir satisfait leur désir, ils peuvent  prendre un bain. Tout cela se passe dans la plus grande discrétion. Avant de venir, il faut que le client accepte d’abord la somme au téléphone. Au préalable, on débute d’abord à partir du site avec les échanges de messages », confie une fille étrangère.

Cette forme de prostitution échappe à tout contrôle étatique et pourrait avoir des conséquences incalculables surtout l’augmentation du taux de sida. Et ces filles exercent dans la plus grande clandestinité sans carnet de santé.

 

Un habitué des sites de rencontre de confier : « Je jette mon dévolu sur les filles sénégalaises qui ne demandent pas beaucoup d’argent. Elles demandent 5000 F, voire 7000 F ou 10000 F. Cependant toutes les filles étrangères réclament 20000 F ou 15000 F ».

« Je marchande d’abord avec mon interlocuteur au téléphone. Si on tombe d’accord, je prends un taxi et à l’arrivée, c’est à lui de payer le prix. Après l’acte sexuel, il paye le taxi qui devait me ramener chez moi. Et il donne 10000 F Cfa pour le prix de la « passe ». C’est via l’internet que j’exerce mon boulot au lieu de se mettre sur le trottoir chaque nuit. Je suis tout le temps à la maison, je sors uniquement pour voir  des clients connus via le net », confie  Nogaye.

Des filles proposent des annonces de séances de massage pour essayer de masquer leur métier de prostituée

A travers les sites de rencontre, certaines filles se disent masseuses et proposent des séances très discrètes.

« Je propose des séances de massage simple à 10000 F. Cependant le massage body-body, c’est-à-dire corps contre corps, c’est 30 000 F Cfa. Avec ce type de message, je me mets complètement à nu. J’enlève tous mes habits et l’homme aussi de même. Et le message se termine par une partie de jambes en l’air. Beaucoup d’hommes préfèrent le body-body. J’ai loué cet appartement qui me sert de cabinet et je travaille de 9 heures jusqu’à 1 h du matin pour rentrer à la maison », confie une fille masseuse.

Une autre fille de dire : « Je passe mes annonces dans le site de rencontre. Je fais du massage plus, il consiste à entretenir des rapports sexuels au cours des séances de massage. Tous mes clients, je leur ai connu via le net. En tout cas, j’ai aujourd’hui des clients fidèles ».

La prostitution dans l’internet commence à prendre de l’ampleur, aujourd’hui beaucoup de jeunes filles investissent les sites de rencontre à la recherche de chercheurs d’aventure pour passer de bons moments.

Saër Dial

 

 

Saër DIAL

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