Boubacar Ba, ancien Directeur Général de L’Ofejban : « Pourquoi j’ai tourné la page Pds… »

« Depuis maintenant deux ans, pour moi, la page Pds est tournée. » Ce sont les propos de Boubacar Ba, ancien Directeur Général de L’Ofejban. Le Wadiste de qui votre site lactuacho.com relaie les propos, a confié à nos confrères de Enquêteplus, les raisons qui expliquent ce divorce. Lecture…

Elle est tournée puisque je suis de plus en plus déçu. Cela fait deux ou trois ans que j’alerte. S’il y a une chose qu’Abdoulaye Wade m’a apprise, c’est d’être un homme libre. On m’a appris à jouir de ma liberté par rapport à tout, surtout dans la politique.

Quand le Président Wade m’apprend cela pendant plus d’une vingtaine d’année, j’ai l’obligation de le pratiquer sur le terrain en un bon élève. Je l’ai suivi quand j’étais étudiant en France jusqu’à ce qu’il accède au pouvoir. Quand il est arrivé au pouvoir, j’ai continué à travailler directement dans la banlieue en étant d’abord adjoint au maire, consultant privé, en lui proposant des projets.

Si beaucoup de choses ont été réalisées dans la banlieue, c’est grâce aux interventions et aux écrits de Boubacar Ba. Tous ceux qui font le malin aujourd’hui, ils n’ont fait que se servir et non servir Abdoulaye Wade ou la banlieue.

Entre le Pds et moi, c’est désormais du passé. C’est fini. J’ai donné tout ce que je devais donner à ce parti. Le Président Abdoulaye Wade m’a, dans une certaine mesure, fait confiance. J’ai fait ce que j’avais à faire. L’évaluation, on le fera après. Mais les raisons qui m’ont poussé à quitter le Pds sont multiples.

D’abord, vous ne pouvez pas être dans un parti où les gens que tu as amenés dans ce même parti, font tout pour que tu n’aies pas de rapprochement avec le Secrétaire général. Des gens qui n’apportent rien au Pds encore moins aux Sénégalais, qui ne sont là que pour leur gagne-pain. Quelqu’un qui a attendu 4 ans a suffisamment attendu.

Sincèrement, je ne vais pas perdre mon temps à rester dans un camp où on veut continuer à m’utiliser, en insistant surtout sur le fait que je suis parent à Wade. Ils pensent qu’avec cela ils peuvent me retenir. Ils se trompent.

Ensuite, j’ai des ambitions aussi sérieuses que celles de Karim Wade, aussi sérieuses que celles d’Idrissa Seck ou encore d’Oumar Sarr. Si j’avais 1% de ce qu’ils ont, la banlieue ne serait pas dans cette situation. Je suis un libéral qui croit fermement et formellement au ‘’wadisme’’ mais je me dois de faire ma route.

Vous savez, avec le Pds, nous avons exercé le pouvoir, et nous l’avons quitté en 2012. Nous sommes restés malgré cela. Mais ce que je n’arrive jamais à supporter, c’est qu’en de pareilles circonstances, qu’on nous mène la vie difficile dans le parti, qu’on nous mette des bâtons dans les roues. Et ce qui est grave, à chaque fois qu’il y a une tentative de promotion à notre égard, ce sont ces mêmes personnes qui n’apportent rien au parti, qui ont des moyens, qui essaient de nous barrer la route. J’ai tout donné à Abdoulaye Wade et au Pds.

Si je suis resté dans le parti pendant tout ce temps, c’était pour soutenir Karim Wade, mon ami et frère avec qui nous avions un projet pour le Sénégal depuis 1994 en France. Quand il descendait dans la banlieue, la première personnalité qui l’a accompagnée, c’est moi sinon Malick Gueye le Directeur général de l’Agetip. C’est nous qui l’avons accompagnés. Les plus grands bains de foule qu’il a eus, c’est avec nous.

Aujourd’hui, il y a des dinosaures qui ne nous apprennent rien. Quand quelqu’un a été président de groupe parlementaire pendant 10 ans sous le régime de Wade et qui refuse à ce que quelqu’un d’autre le soit, cela pose problème.

Quand quelqu’un dit qu’il faut réorganiser le parti, vous lui dites non alors que nous avons donné toute note vie à ce parti, si vous pensez que nous allons rester à vous suivre, vous vous trompez. On vous laisse gérer cela et on fait notre chemin ailleurs. Il n’y a pas, aujourd’hui, une seule structure officielle valable au Pds. Toutes les structures, depuis la Cellule jusqu’au Comité directeur, ont été biaisées. Il n’y a plus de structures valables parce qu’aucune ne répond aujourd’hui aux normes du règlement intérieur du Pds.

Fara Michel DIEYE

Rédacteur

Fara Michel DIEYE

Co-fondateur du site Lactuacho.com, Fara Michel DIEYE jouit de plus de 18 années d’exercice dans la profession du journalisme et de la communication. Il a été notamment Rédacteur en chef du site d’information Dakaractu.com et de l’hebdomadaire Espace Magazine, et Directeur de la Rédaction du Quotidien Rewmi et de l’hebdomadaire économique Ecofi. En savoir plus >>

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