Bénin sur les traces du Sénégal ? Comment le président Patrice Talon neutralise ses opposants

Justice ou injustice ? Le chef de l’Etat béninois, en tout cas a verrouillé l’espace politique en plaçant ses hommes de loi à des postes stratégiques, selon cette analyse de la « Lettre du Continent » parue ce weekend.

Analyse : Deux ans après son élection à la tête du Bénin, Patrice Talon a muselé ses opposants en actionnant des affaires politico judiciaires sujettes à caution.

Dernier épisode en date : le 29 août, le ministre de l’intérieur a été chargé de retirer les passeports de l’ex-ministre  et de Léhady Soglo, ex-maire de Cotonou de finance Komi Koutché, d’Abou Seydou, ancien greffier en chef du tribunal de Cotonou, accusé de détournements de fonds lorsqu’il dirigeait cette municipalité.

Ces personnalités rejoignent l’homme d’affaires et patron de l’Union sociale libérale (USL), Sébastien Ajavon accusé d’évasion Ces attaques sont portées par une « garde judiciaire » que le chef de l’Etat actionne à souhait. Celle-ci se compose de Joseph Djogbenou, président depuis juin de la cour constitutionnelle.

A la tête de cette institution, l’avocat historique du chef de l’Etat a détricoté toutes les mesures de son prédécesseur, le juriste Théodore Holo et l’un des pères de la Constitution.

Autre avocat de Talon, Sévérin Quenum a remplacé Joseph Djogbenou comme garde des Sceaux. Il fédère les jeunes magistrats autour de son nom. Avec Djogbenou, il est à l’origine de la création de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), qui a initié les poursuites contre Sébastien Ajavon. Ex-séminariste reconverti dans le droit, Gilbert Ulrich Togbonon est devenu la pièce maîtresse de cet arsenal répressif.

Procureur de Cotonou sous le ministère de Djogbénou, il a instruit les dossiers à charge contre les opposants du régime. Il est actuellement procureur spécial du fiscale (LC n°759 ;LC n°774).Criet. Jeune juge chargée des libertés au sein du tribunal de première instance de Cotonou, Bagno Dassoundo cumule cette fonction avec celle de juge des libertés au Criet.

Source « La Lettre du Continent)

Momar Diack SECK
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