Bénin Malaise après la démission de Candide Azannaï le ministre délégué à la Défense

Candide Azannaï ne s’est toujours pas exprimé en dehors de quelques phrases sibyllines sur sa page Facebook, mais la démission du ministre délégué à la Défense provoque une véritable tempête médiatique au Bénin. Candide Azannaï a été l’un des artisans de la victoire de Patrice Talon et que sa démission intervient dans un contexte particulier.

Les députés viennent de refuser d’examiner le projet de réforme constitutionnelle en procédure d’urgence et les magistrats sont en grève. Cette démission révèle des désaccords au sein de l’équipe gouvernementale.

La démission est fracassante et pourtant pas de communiqué de la présidence, pas la moindre déclaration. « C’est parce que ce n’est pas un événement », explique une source à la présidence qui reconnait néanmoins que le malaise est lui bien « réel ».

« S’il y a un homme politique au Bénin qui est favorable au mandat unique, c’est bien Candide Azannaï. Pendant la campagne, il haranguait les foules sur ce thème. Démissionner aujourd’hui alors que le projet est à l’Assemblée, c’est assez opportuniste de sa part, pour ne pas dire déloyal », regrette cette source. En revanche, pour ceux qui s’opposent à la révision comme l’ancien ministre de la Justice Victor Topanou, cette démission est perçue comme un « acte politique fort, un acte de courage d’un homme au caractère bien trempé ».

Au-delà des questions de rivalités au sein de l’équipe gouvernementale, notamment avec Joseph Djogbenou le ministre de la Justice, cette démission soulève aussi la question du système de gouvernance du président Talon. « Ce n’est pas forcément le bien fondé des reformes qui fait polémique au Bénin mais plutôt la méthode », fait remarquer un observateur de la vie politique. Les critiques sont toujours un peu les mêmes : « précipitation », « passage en force ».

A la présidence on répond : « Patrice Talon est là pour cinq ans seulement, il doit avancer ».

Source RFI

Dieyna SENE
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