Bénin : grâce à « sa » justice, le président Patrice Talon ne craint aucun adversaire politique

S’il y a un cas de figure politique qui ressemble bien à celui du Sénégal, c’est bien celui du Bénin, mais en mode accéléré : deux ans ont suffi au chef de l’Etat béninois pour écarter l’ensemble de ses opposants sérieux de la scène politique.

L’information émane de La Lettre du Continent qui relève qu’en convoquant Sébastien Ajavon pour une audition, le 4 octobre à Cotonou, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a cherché à faire revenir l’homme d’affaire dans le pays afin de lui délivrer un mandat de dépôt dans une affaire de trafic de drogue pour laquelle il avait été relaxé en novembre 2016.

Sébastien Ajavon s’est fait représenter par dix avocats, parmi lesquels Mes Marc Bensimhon et Julien Bensimhon associés au cabinet Dupond-Moretti & Vey. L’homme est actuellement en France avec sa famille,

Tous ont invoqué la violation de ses droits et la nullité de la procédure, les faits ayant déjà été jugés. Cette convocation n’a pas été adressée à l’intéressé dans les temps impartis. L’audience a été reportée au 18 octobre, c’est-à-dire, ce jeudi.

Candidat malheureux à la présidentielle de 2016 avant de soutenir Patrice Talon, le président de l’Union sociale libérale (USL) et du Conseil national du patronat du Bénin (CNP-Bénin), n’est pas le seul opposant inquiété.

La majorité des adversaires du chef de l’Etat est visée par des affaires judiciaires.

Le maire de Cotonou, Léhady Soglo, fils de l’ancien président Nicéphore Soglo, a été le premier fusible. Exilé, l’édile a été accusé en août 2017 (LC n°754) de malversations dans la gestion de la municipalité.

Selon La lettre du Continent qui livre ensuite le détail, d’autres dossiers ont été curieusement déterrés, dont celui visant Komi Koutché.

Exilé aux Etats-Unis, l’ex-ministre des finance de Thomas Boni Yayi, vu comme un potentiel candidat à la présidentielle de 2021, est poursuivi pour détournement de fonds publics.

De son côté, l’opposant Sabi Korogoné, à l’origine de l’initiative de Nikki, a étécondamné, le 2 octobre, à douze mois d’emprisonnement pour incitation à la haine.

Egalement recherché par la Criet (le jumeau de la Cour de répression de l’enrichissement illicite, CREI du Sénégal) pour sa gestion lorsqu’il présidait le comité interministériel du coton, l’ex-ministre de la justice Valentin Djènontin est dans le collimateur du procureur de Cotonou, Mario Metonou, pour diffusion de documents administratifs sur les réseaux sociaux. Il s’est réfugié en France.

Enfin, last but not least, le dernier mais pas le moindre, Simplice Codjo, ex ministre de l’intérieur et actuel député, est sous le coup d’accusations de détournement de fonds pour sa gestion à la tête de la police nationale.

Momar Diack SECK
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