Assises Nationales: l’Entendu, le Non-entendu et le Malentendu Pourquoi et comment le PR Macky Sall a raison sur les  »Assisards »?

Entendons-nous bien! Les conclusions des Assises nationales sont d’une grande pertinence, aussi bien dans sa vision, ses objectifs, sa méthodologie inclusive et ses angles d’attaque (diagnostics puis recommandations).

Pour un Décideur public résolu à faire sortir son pays de ses propres pièges de sous-développement, les conclusions des Assises nationales se révèlent comme un outil privilégié d’aide à la décision, en termes de management de la très haute performance.

La Charte des Assises nationales, tout comme le Plan Senegal Émergeant, sont trans-partisans, trans-générationnels et trans-sectoriels. Ils sont donc des documents de prospective. Et c’est le propre et le lot de toutes les études prospectives que de devoir être mises à jour avant même que n’ait séché,  l’encre qui a servi à les écrire. La découverte du pétrole et du gaz au Senegal, en est l’illustration la plus parfaite car en prospective, il faut prévoir tous les scenarii, même l’imprévisible et l’imprévisibilité.

Pour autant, un plan d’émergence n’a jamais été une affaire de saute-mouton où on quitterait un point A pour aller vers un point B par je ne sais quelle baguette magique, pour autant la charte des Assises nationales  »n’est ni la Bible ni le Coran » et que même l’Ancien testament a évolué vers un Nouveau testament.

Parce qu’ils ne sauraient être une ligne d’arrivée mais plutôt une ligne de départ, parce qu’ils sont trans-partisans et trans-générationnels et trans-sectoriels, le PSE tout comme la charte des Assises nationales, sont des dynamiques et des perspectives en mouvement et à ce titre, d’où l’on est parti est moins déterminant que d’être en mouvement, dans le tempo et dans la bonne direction.

Ceci étant dit et il faut bien le dire, il y a dans la charte des Assises nationales: l’Entendu, le Non-entendu et un Malentendu.

Sur l’Entendu: Dans le fond, sur le diagnostic tout comme sur les recommandations (Société- Valeurs, Ethique-Institutions- Libertés- Gouvernance sociale- Economie et Finances publiques- Agriculture- Environnement- Aménagement du territoire- Politique extérieure- Intégration régionale et Migration), rien à redire, sinon  »Gonguo », comme on dit chez moi à Agnam Civol dans le Bosséa au Fouta.

Dans la forme, le document est bien structuré autour d’une préface de 4 pages, d’un résumé de 19 pages, d’une introduction générale de 12 pages, d’une première partie intitulée  »Bilan du vivre en commun depuis 1960 » sur 200 pages, décomposée en 5 chapitres et 14 sections et une conclusion sur 3 pages. Dans sa deuxième partie des conclusions des Assises nationales, intitulée  »Stratégie et Recommandations pour un Senegal nouveau », la charte se compose de 73 pages décomposées en 5 chapitres et 14 sections et une conclusion sur 4 pages. En plus d’un annexe de 55 pages.

Le Non-entendu: On ne  »sent » pas dans les conclusions des Assises nationales, un odeur de Culture au sens de Diversité (processus de sa construction) et Durée (profondeur de son inscription dans le temps). La Charte des Assises nationales est restée fondamentalement, une analyse structurelle dans une approche politico-institutionnelle, plus qu’une analyse fonctionnelle.

Or, l’approche Gouvernance tout comme la recherche de consensus et de compromis, ne sauraient être seulement une affaire et l’apanage d’Etat institutionnalisé, mais c’est aussi l’affaire des forces sociales (chefferie religieuse et coutumière, syndicats et société civile), qui sont démocratiques à leur manière et très omniprésentes même dans les aspects les plus modernes du pays.

Dans le diagnostic, les conclusions des Assises nationales ont fait toute l’économie de la Bonne gouvernance mais restent muettes, dans ses recommandations, sur la Gouvernance légitime au sens où la gestion des affaires publiques et l’exercice des pouvoirs, doivent être au service du bien commun avec l’adhésion et sous le contrôle de ceux sur qui s’exercent ces pouvoirs.

Le Malentendu:  Une certaine opposition semble faire d’un usage dévoyé, les conclusions des Assises nationales, en utilisant une finalité politique pour un moyen électoral pour conquérir et accéder au pouvoir d’Etat; alors que la substance et la matrice de la Charte des Assises nationales, c’est d’être au Service de l’Etat et de la République en tant qu’abstraction juridique d’une part et d’autre part, c’est d’être au service du citoyen et de l’usager-consommateur de services publics, en tant que réalité immédiate. Dix ans après les conclusions des Assises nationales (entre le 1er juin 2008 et le 24 mai 2009) et quatre ans de mise en oeuvre du PSE, le think tank Africa WorldWide Group estime qu’il y a encore de l’espace et du temps, pour instaurer un débat doctrinal national entre les conclusions des Assises nationales et le PSE, en vue d’en ressortir des croisements fertiles .

Une certaine opposition gagnerait à comprendre que l’Etat, selon le professeur Laferrière n’a  »ni supérieur, ni égal, ni concurrent », il est souverain. Au point que Jean-Jacques Rousseau disait dans les termes suivants :  »Il est de l’essence de la puissance souveraine de ne pouvoir être limitée; elle peut tout ou elle n’est rien ». L’Etat, parce qu’il est une créature humaine, ne peut avoir qu’une finalité humaine. Comme le disait si bien le défunt Mohamadou Mbodj du Forum civil,  »c’est sur l’histoire que nous devons aller chercher nos propres défis, et non sur le jeu des acteurs ».

Siré SY, www.africaworldwidegroup.org

 

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