Apprentis, « coxeurs », chauffeurs, conducteurs de « pousse-pousse » : Dans l’univers des non jeuneurs !

Le mois béni de Ramadan est un moment de dévotion mais surtout de privation de nourriture durant toute la journée et ceci jusqu’au coucher du soleil. Ils sont nombreux, les sénégalais qui observent le jeun. D’autres gens par contre, ont opté de ne pas jeuner sous prétexte qu’ils ne peuvent pas supporter la faim. Et parmi ces gens figurent en grande partie les chauffeurs de cars rapides, « Ndiaga Ndiaye », « coxeurs », conducteurs de « pousse-pousse » pour ne citer que ceux-là.

Une descente sur les abords des gares routières, des marchés, des gargotes, renseigne beaucoup sur les non jeuneurs.
Il est 13 heures passés de quelques minutes aux bords d’une gare routière de la place. A cette heure, la gare routière de désemplit pas, certaines personnes viennent pour prendre des cars tandis que d’autres en provenance de la banlieue ou autre localité, débarquent pour ensuite vaquer à leurs occupations. Du fait de la proximité avec le marché, la circulation est dense et crée des embouteillages monstres. Les marchands ambulants, les vendeurs de divers articles, occupent les abords de la gare routière et même l’entrée de la gare/
Ici la pollution sonore est au rendez-vous et à cela, viennent s’ajouter les klaxons des voitures et la fumée échappant des pots d’échappement des véhicules. Cette ambiance rythme le quotidien de la gare routière qui est presque côte à côte avec le marché.
Dans ce brouhaha indescriptible, un groupe de jeunes, installés dans un coin, mange tranquillement sans se soucier des gens.
Certains d’entre eux dégustent leur sachet de « Thiacry » tandis que d’autres mangent du « sandwich », du « lakh » comme si on n’était pas dans le mois béni. Parmi eux, il y a deux qui grillent tranquillement leur clope.
«Il faut respecter les gens, nous sommes en période de jeun ! Au moins, cachez-vous pour manger ».
«Je ne peux pas supporter la faim, c’est pour cela que je ne jeune pas. Quand j’ai faim, j’ai des crampes d’estomac », affirme l’un des jeunes.
Celui qui semble moins jeune de dire : « Que personne ne nous fatigue, chacun jeune pour son propre compte. Ceux qui peuvent jeuner, n’ont qu’à le faire sans s’occuper des autres ».
« Vraiment, ces gens ne jeunent jamais. Et cela est valable aussi pour les coxeurs, chauffeurs et apprentis. Dans leur grande majorité, ils ne jeunent pas mais au moins, ils se cachent pour manger, c’est mieux au lieu de le faire aux yeux de tout le monde », déplore un homme de la quarantaine.
Tout juste dans l’enceinte de la gare routière, quelques apprentis et « coxeurs » et même chauffeurs mangent tranquillement. Ils se cachent dans les voitures pour manger pour ne pas gêner les gens qui observent le jeun.
« Je ne jeune pas parce que j’ai des problèmes d’estomac. Et je ne peux pas supporter la faim. J’ai essayé de jeuner un jour mais j’ai coupé le jeun avant midi. Je mange tranquillement dans le car pour ne pas gêner les autres », laisse entendre un chauffeur.
Un « coxeur » de témoigner: « Il faut que les jeuneurs aussi respectent ceux qui n’observent pas le jeun. Il faut le dire haut et fort que tout le monde ne peut pas jeuner. Donc, ceux qui observent le jeun, n’ont qu’à le faire sans bruit, ni trompette en respectant le choix de l’autre. Si on pouvait le faire, on n’allait pas hésiter une seconde de le faire ».
Dans la gargote d’à côté, certains chauffeurs et apprentis, entrent discrètement pour manger. Ici la discrétion est de mise. Nous avons trouvé beaucoup de gens entrain de manger comme ce n’est pas le mois béni du Ramadan.
Baisse de clientèle des restaurants et gargotes

 


Durant cette période du mois béni, les restaurants et gargotes ont vu leur clientèle revue à la baisse. Malgré cela, les clients viennent à midi pour manger.
« Nous accueillons à midi des gens qui viennent ici pour manger. Ces gens-là ne peuvent pas jeuner, raison pour laquelle, ils viennent en masse pour manger. La plupart du temps, ce sont des chauffeurs, des coxeurs et quelques commerçants. J’avoue qu’avec le Ramadan, le nombre de clients diminue mais il y a certains quand même qui viennent régulièrement pour manger », témoigne une gérante de gargote.

Saër DIAL

Rédacteur

Saër DIAL

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