Algérie: l’homme d’affaire Issad Rebrab, première fortune du pays, placé sous mandat de dépôt

Le richissime homme d’affaires algérien, Issad Rebrab (photo), a été placé sous mandat de dépôt, à l’issue de sa présentation au parquet, dans le cadre d’une enquête anticorruption, a annoncé l’agence de presse officielle algérienne, APS, ce mardi 23 avril.

Première fortune du pays, M. Rebrab a été auditionné du début de l’après-midi du lundi 22 avril 2019 jusqu’à minuit passé par le Procureur de la République.

Arrêté lundi par la gendarmerie nationale, Issad Rebrab, 74 ans, est « soupçonné de fausse déclaration concernant le mouvement de capitaux de et vers l’étranger, surfacturation, importation de matériel usagé en dépit de l’octroi d’avantages bancaires, fiscaux et douaniers (destinés au matériel neuf) », avait indiqué lundi la télévision d’Etat.

Selon l’agence APS, le patron du conglomérat diversifié Cevital (l’électronique, la sidérurgie, l’électroménager et le BTP etc.) a été transféré à la prison d’El Harrach, où se trouve par ailleurs l’ex-patron des patrons, Ali Haddad.

Le groupe Cevital avait démenti, lundi, l’arrestation de son PDG. « M. Rebrab n’a pas été arrêté. On s’est présenté ce matin 9h30, il est en train d’être entendu sur le blocage Evcon », a affirmé le directeur de communication du groupe, Mouloud Oual, cité par le site d’information Tout sur l’Algérie. Le compte Twitter officiel de M. Rebrab a également indiqué qu’il s’agit d’ « un déplacement volontaire à la gendarmerie dans le cadre des blocages » de ses projets.

L’arrestation du PDG de Cevital par la gendarmerie nationale a eu lieu, quelques heures après celle de quatre frères, tous hommes d’affaires et membres de la famille Kouninef, dans le cadre d’une enquête sur la conclusion de marchés publics avec l’Etat, trafic d’influence avec des fonctionnaires publics et détournement de foncier, d’après la télévision d’Etat.

Ali Haddad et les frères Kouninef sont réputés proches de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, tandis que le patron du groupe Cevital avait déclaré début mars soutenir le mouvement de contestation contre la candidature de Bouteflika à un cinquième mandat. Il a aussi régulièrement lancé des piques à l’ancienne équipe au pouvoir au cours des dernières années.

Les médias algériens ont, par ailleurs, fait état, le 21 avril, de la convocation par la justice de l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia et l’actuel ministre des Finances, Mohamed Loukal, deux proches collaborateurs de Bouteflika soupçonnés de gaspillage de deniers publics et d’abus de pouvoir.

Début avril, la justice avait aussi interdit à plusieurs personnalités de quitter le territoire algérien, sans donner de noms, mais des médias locaux avaient révélé ceux d’une dizaine d’influents hommes d’affaires proches de Bouteflika.

Source agenceecofin.com

Pape Ismaïla CAMARA
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