Agriculture et contre-performances: Quand certains cultivateurs du Sud perdent le sourire…

A Hilele Sikilo dans la commune de Kolda Sud du Sénégal  à 670 km de Dakar), Abdoulaye Ba, producteur de riz pluvial n’a pas obtenu une bonne moisson cette année. Trouvé dans son champ de riz d’un demi hectare en train de récolter, ‘’Mao’’, comme l’appelle affectueusement ses amis, avait antérieurement en cette  période un grenier plein de sacs de riz. Or cette année, il récolte quelques bottes de riz avec sa famille.

 

En ce fin novembre, sous un soleil chaud, un vieux paysan regarde attentivement ses enfants qui acheminent une dizaine de sacs de paddy chez lui. A ses yeux, la récolte  de cette année n’est pas meilleure que la précédente où il avait obtenu plus de trois tonnes de riz à l’hectare.

De teint clair, ce  père  de famille d’une cinquantaine d’années, soutient, même s’il n’a pas encore fini de récolter, que son riz n’atteindra pas à ses attentes. Et pour cause, l’arrêt prématuré des pluies.

’L’arrêt des pluies a entraîné notre désarroi ; contrairement à l’an dernier à la même époque. Parce que les pluies étaient abondantes et la production suivait’’, se remémore-t-il.

Non loin, un jeune agriculteur s’affaire autour de ses deux sacs de riz. Pour Jean Mané, l’arrêt des pluies, en fin octobre, a été une catastrophe. Sa parcelle d’un demi-hectare de riz n’est pas arrivée en maturité. ‘’Il n’a pas presque plu, malheureusement, j’ai tout perdu raté’’, explique désespérément Jean pointant du doigt ses deux sacs de riz.

30 t de riz produits la saison dernière

Au sud du Sénégal,  habituellement, l’hivernage allait jusqu’en mi-novembre. Cette année,  le ciel a fermé ses vannes très tôt sans que certaines cultures n’arrivent à maturité. Cette situation inattendue a provoqué un malheureux chez certains riziculteurs de Kolda particulièrement à Hilele Sikilo dans la capitale du Fouladou.

Regroupé au sein d’un Gie qui porte son nom, ce groupement travaille depuis deux ans sur une bande de 10 ha. La Sodagri (Société de Développement agricole et industriel) les avait affecté un tracteur pour aménager cette surface et permettre aux populations de pratiquer la riziculture pluviale. Aux abords des maisons, cette bande de terre, longtemps abandonnée, a été morcelé entre ½ ha ou 1 hectare et attribué aux habitants. Ainsi explique Mao le coordonnateur de ce Gie, tous les habitants de Hilele Sikilo se sont donnés corps et âme pour l’exploiter et participer à l’autosuffisance en riz. ‘’Notre première année, nous avons obtenu 30t de riz, soit 3t/ha. Cette quantité est destinée à  la consommation, car nous n’avons pas encore commencé la commercialisation’’, confie-t-il tout en rappelant que leur priorité était d’abord l’autoconsommation.

Malgré cette contre-performance, Mao et ses collègues sont plus que jamais déterminés à augmenter les surfaces à cultiver. En effet, le président du collectif des riziculteurs de Hilele Sikilo sollicite un accompagnement en intrants (engrais et matériels agricoles) pour pouvoir exploiter plus de 10 ha l’année prochaine.

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