Afrique subsaharienne : une projection de croissance estimée à 3,2 % en 2018 et 3,5 % en 2019, selon la Banque mondiale

D’après la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne devrait bénéficier d’une reprise modérée de l’activité économique, avec une projection de croissance estimée à 3,2 % en 2018 et 3,5 % en 2019, compte tenu de la stabilisation des cours des matières premières et de la hausse progressive de la demande intérieure, sur fond d’atténuation de l’inflation et de politiques monétaires accommodantes.

Mais, selon rapport semestriel de la Banque mondiale qui analyse l’état des économies africaines,  les perspectives restent difficiles pour les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), contraints de s’ajuster à la faiblesse des cours du pétrole qui diminue leurs recettes et augmente leur dette.

L’essor économique des pays de l’UEMOA

L’essor économique des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) devrait en revanche s’accélérer, porté par de solides investissements publics, surtout en Côte d’Ivoire et au Sénégal. L’Éthiopie devrait rester la première économie de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), malgré la baisse attendue des investissements publics. La croissance devrait bénéficier de l’atténuation des pressions inflationnistes au Kenya et se stabiliser en Tanzanie grâce à un rebond des investissements.

« Les perspectives de la région restent néanmoins difficiles, explique Punam Chuhan-Pole, économiste principale à la Banque mondiale qui a dirigé le rapport, la croissance n’ayant pas renoué avec le rythme moyen d’avant la crise. En outre, ces performances modérées ne pourront entraîner qu’une hausse modeste du revenu par habitant, qui a cédé du terrain en 2016-17, et sera nettement insuffisante pour promouvoir une prospérité généralisée et accélérer la réduction de la pauvreté. »

Le rapport constate également que la hausse de l’accumulation du capital s’est accompagnée d’une perte d’efficacité des dépenses d’investissement dans les pays dont l’économie est moins résiliente, contrairement à ceux où l’activité a bien résisté aux chocs.

Profiter pleinement du rebond des investissements

Si les pays veulent profiter pleinement du rebond des investissements, ils vont devoir s’atteler aux causes de leur inefficacité, à savoir notamment l’insuffisance des compétences et autres capacités à adopter les nouvelles technologies, les effets de distorsion de certaines politiques et des problèmes d’allocation des ressources.

Alors qu’ils sont en quête de nouveaux moteurs de croissance garants d’un essor économique durable et partagé, les pays africains s’intéressent de plus en plus à la question du renforcement des compétences. Avec la taille de sa population en âge de travailler, la région possède en théorie une carte maîtresse pour réduire la pauvreté et favoriser une meilleure répartition des richesses. Néanmoins, le niveau de qualification de la main-d’œuvre, le plus faible du monde, est un sérieux obstacle à la croissance — et ce, en dépit d’investissements publics considérables dans l’éducation.

Selon le rapport, qui consacre un chapitre entier à ce sujet, la meilleure stratégie pour favoriser simultanément l’accroissement de la productivité, l’insertion de tous et l’adaptabilité consiste à investir dans les compétences fondamentales des enfants, des jeunes et des adultes. Les pays doivent donc privilégier le renforcement des compétences de base de leur main-d’œuvre active et celles des prochaines générations.

Améliorer la qualité des dépenses afin de les rendre plus efficaces et efficientes

Pour y parvenir, la plupart des pays doivent améliorer la qualité de leurs dépenses afin de les rendre plus efficaces et efficientes. Cela passe par deux arbitrages difficiles : trouver le juste équilibre entre, d’une part, les investissements qui favorisent une hausse globale de la productivité mais aussi l’inclusion, et, d’autre part, entre les investissements axés sur les compétences de la population active d’aujourd’hui et ceux orientés vers la main-d’œuvre de demain.

Momar Diack SECK
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