Affaire du « Café de Rome » les 12 accusés gagnent le procès reprennent le boulot

En fin d’année 2016, l’hôtel-casino-restaurant, le Café de Rome, a été secoué par une histoire de détournement d’argent. Les douze travailleurs accusés des méfaits, sortis vainqueurs d’un bras de fer judiciaire contre la direction, remettent les choses à l’endroit et déplorent la nouvelle situation délétère qui y prévaut.

Dans un restaurant dakarois, l’heure est à la détente pour les douze accusés, finalement blanchis, du Café de Rome. ‘‘Allez repris de justice, on va commencer l’entretien !’’, plaisante un individu de la bande, riant de bon cœur de sa propre vanne. Cette pique, sans faire rire tout le monde, a le mérite de dérider l’ambiance. 

Et c’est parti pour une autre de version. ‘‘Nous n’avons rien compris, nous avons été tous pris de court par cette affaire.’’ Pour les travailleurs du très couru hôtel-restaurant-casino, l’étonnement ne s’est pas encore dissipé après 19 jours de privation de liberté. Et malgré un verdict favorable en première instance, le malaise persiste toujours dans leur lieu de travail.

Pour eux, l’affaire est claire comme de l’eau  de roche : la nouvelle direction en place depuis neuf mois prépare une purge et les accusations portées contre eux entraient dans cette logique.

‘‘Nous pensons que c’était pour licencier du personnel. Si par malheur nous avions été condamnés, nous aurions été licenciés sans droits. Le problème de fond, c’est ça : nous faire partir par tous les moyens à moindre frais. Ce n’est pas un simple point de vue, c’est la réalité’’, dénonce un des douze rescapés.

Ils en veulent pour preuve les ‘‘signes de préméditation de la direction’’ de l’hôtel qui leur a trouvé ‘‘des remplaçants le jour même de la convocation à la Dic’’, avec cette question-complainte qui revient tout le temps dans l’entretien : ‘‘Comment la direction a-t-elle pu suppléer plus d’une dizaine de postes au pied levé, le jour de notre convocation ?’’ s’étonnent-ils.

Autre indice inquiétant, selon eux, les images de la séance de trombinoscope (photos d’identité) réalisée quelques jours plus tôt par la direction, sous prétexte de confection de badges, qui se sont retrouvées à la disposition des enquêteurs ‘‘avec des commentaires désobligeants’’, dénoncent-ils.

Vendredi 11 novembre 2016, sur une liste de quinze personnes travaillant au Café de Rome, douze déferrent à la convocation des enquêteurs de la Division des investigations criminelles. Ils doivent se justifier des accusations d’association de malfaiteurs et abus de confiance.

‘‘On m’a signifié que j’étais citée dans un réseau de trafic de tickets car, selon eux, à la brasserie, ils  me reversaient tout ce qu’ils volaient. J’ai trouvé cela tellement aberrant que j’en ai rigolé. C’était faux de chez faux’’, s’indigne l’une des huit personnes autour de la table où chacun raconte ses déboires. ‘’Après trois renvois de l’affaire devant la Cour, nous avons été relaxés et le Café condamné à verser le franc symbolique.’’

Source enqueteplus.com

Momar Diack SECK
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