Accord de pêche Sénégal-UE : Des acteurs parlent d’une nébuleuse de 4 milliards F CFA

Prévu pour une période de cinq ans, un nouvel accord de pêche  permettra à 38 navires de l’Union européenne (UE) de pêcher dans les eaux sénégalaises en échange d’une contrepartie financière d’une valeur de 9 milliards F CFA à verser dans les caisses de l’État. Mais, selon des acteurs, un problème qui se pose à propos de cette manne est que certains estiment à juste titre qu’elle est supérieure à ce qui a été annoncé par les deux parties. Voilà leurs arguments…

L’accord de partenariat de pêche durable entre l’Union européenne (UE) et le Sénégal, après huit ans de suspension, suscite des interrogations de la part des observateurs.  Pour le vice-président du Propeller Club de Dakar, Libasse Hanne, il y a une nébuleuse sur cette affaire, notamment avec une partie de la somme qui dépend des licences qui a disparu. « Les accords ont été signés sur cinq ans et 9 milliards F CFA versés dans les caisses de l’État.

Dans cette somme annoncée dans l’accord, il y a à peu près 20 millions d’euros qui dépendent des licences de pêche, donc, selon lui, « dire que la compensation  financière est de 9 milliards n’est pas évidente. En réalité, elle est 13 de milliards F CFA ».

L’État du Sénégal doit nous édifier sur les 4 milliards F CFA disparus » a-t-il exigé.

S’expliquant toujours sur ses accords qu’il qualifie de « contradictoire » du fait que les partenaires avaient manifesté leur volonté de maintenir dans nos pays une flotte de pêche, Tout en décidant d’accompagner les pays en voie de développement pour trouver un compromis entre l’exploitation de la ressource et la coopération en matière développement pour trouver de la valeur ajoutée. « L’un dans l’autre est contradictoire avec beaucoup de difficultés notées dans ces accords », s’indigne M. Hanne.

Il a fait savoir également que les derniers accords de pêche signés entre l’Union européenne et le Sénégal ne concernent que deux variétés de poissons que sont « le Merlu et Thon », et la philosophie de cet accord est basée sur le partenariat. Tout en se désolant sur le massacre perpétré par les bateaux européens sur nos eaux.

« La capture de ces deux espèces était tellement importante dans certaines zones que la sonnette d’alarme était tirée ». Avant d’ajouter : « Le massacre que l’on redoutait sur le thon peut se poursuivre dans nos eaux ».

Décryptant les problèmes, il a noté que l’Union européenne a une politique de pêche commune. Ce qui a permis à 38 navires (28 senneurs et 20 canneurs) de sillonner nos eaux pour pêcher le thon « sans aucune limite de tonnage ». Il a souligné par ailleurs que « les intérêts du Sénégal ne sont pas bien défendus dans la signature de ses accords ».

C’est la raison pour laquelle, Libasse Hanne interpelle l’opinion nationale de saisir l’Assemblée nationale afin que le sort du Sénégal puisse être édifié sur cette affaire. Parce que dit-il : « il y a un manque de vision globale qui a choqué les professionnels sénégalais. Et qu’il sera difficile pour le pays d’atteindre les deux chiffres de croissance si les choses ne changent pas ».

Il faisait en fin de semaine dernière à Dakar, une conférence sur « la pêche maritime au Sénégal et les accords APE », à l’occasion de la célébration du « Maritime Day » du Propeller Club de Dakar.

 

 

Fara Michel DIEYE

Rédacteur

Fara Michel DIEYE

Co-fondateur du site Lactuacho.com, Fara Michel DIEYE jouit de plus de 18 années d’exercice dans la profession du journalisme et de la communication. Il a été notamment Rédacteur en chef du site d’information Dakaractu.com et de l’hebdomadaire Espace Magazine, et Directeur de la Rédaction du Quotidien Rewmi et de l’hebdomadaire économique Ecofi. En savoir plus >>

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