A quelques jours de clôture de la campagne des législatives 2017 : La destruction des affiches fait rage en banlieue

Après la série de violence qui a secoué la campagne des législatives, place maintenant à la destruction des affiches. Aujourd’hui, on assiste à la destruction des affiches aussi bien du côté du parti au pouvoir comme du côté de l’opposition. En banlieue, les affiches du candidat « Khalifa Sall » sont peints avec l’huile morte provenant des moteurs de voiture. Avec cette pratique, tout laisse à croire que ce sont ses adversaires qui sont passés par là. C’est le même constat pour les affiches de Me Abdoulaye Wade, Abdou Mbaye. Des affiches de « Benno Bokk Yaakar » aussi ne sont pas épargnés. A ce rythme, c’est parti pour une destruction des affiches pour lesquels des milliards ont été dépensés pour leur conception.

« Le fait de détruire les affiches est un acte d’incivisme. Je crois qu’au Sénégal, nous avons beaucoup de choses à apprendre surtout le civisme. Aujourd’hui, nous devons atteindre un certain niveau de démocratie qui fait que les gens acceptent l’autre quelque soit son appartenance politique, religieuse. La confrontation devait se faire au niveau des idées, des propositions pour sortir le Sénégal de la situation actuelle », avance Ibou Sarr, informaticien.

Ce sont des jeunes qui font nuitamment ces « sales » boulots, moyennant d’une modique somme d’argent. Ils sont envoyés par des états-majors politiques pour détruire les affiches des adversaires.

« Nous allons détruire tous les affiches de Benno Bokk Yaakar parce que ce sont eux qui ont commencé cette pratique. Nous attendons la nuit pour faire le tour de la banlieue avec nos scooters pour peindre les affiches du Premier ministre et les autres affiches. On nous donne le prix de l’essence parce que nous avons en même temps des posters à afficher », témoigne un jeune de l’opposition.

Un autre de dire : « Comme le parti au pouvoir emploie des jeunes pour détruire les affiches des listes de l’opposition, nous allons les apporter la réplique. C’est une manière de leur montrer que nous faisons mieux qu’eux. Il suffit une couche d’huile morte et le tour est joué ».

Même son de cloche du côté des jeunes du parti au pouvoir.
« Quand notre leader veut visiter une localité, nous attendons la nuit pour peindre tous les affiches de ses adversaires, c’est une manière pour nous de baliser le terrain. Moi, je prends ça comme un jeu bien que je suis conscient que ces affiches coûtent excessivement cher mais c’est la loi du talion, œil pour œil et dent pour dent », avance Habib du camp présidentiel.
Son compagnon de dire : « Je suis contre ces pratiques, il faut respecter les adversaires. Le Sénégal doit dépasser ces genres de pratiques qui n’honorent pas notre pays. Pourtant, les affiches coûtent très chers, il faut que les deux côtés sensibilisent leurs militants pour que ces derniers ne s’adonnent plus à ces pratiques ».
En tout cas la guerre de destruction des affiches fait rage en banlieue à quelques jours de la tenue des élections.

Saër DIAL

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Saër DIAL

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